samedi, 30 juin 2007
London calling...
London calling to the faraway towns
Now war is declared and battle come down
(Clash, London Calling)
C'EST VRAI QUE, peut-être, dans ce monde lyophilisé, c'est perdre son temps et sa peine que de s'énerver pour des broutilles... La Chine explose ? Adieu la Chine, et moi je vide mon verre à la santé des caribous. Mon cœur me lâche ? Eh bien cela ne m'empêchera pas d'aller aux putes une dernière fois. Nous sommes, n'est-ce pas, des hédonistes, des porcs bien glacés, des espèces de stoïciens à la fois constipés et fébriles. Nous vivons comme des porcs et pensons comme des tiques.
Je découvre au réveil que Londres a échappé de justesse à une resucée des attentats meurtriers de l'été 2005. On se doute que les commanditaires ne sont pas un clan d'Écossais réclamant peace and freedom all over the world. Comme par hasard, un nouveau Prime minister vient d'être nommé, et comme par hasard, Salman Rushdie a été récemment anobli par la reine d'Angleterre, à la fureur d'une myriade de mahométans barbus, enturbanés et certainement cocus d'une manière triple et quadruple. Par le saint nom de Dieu, je jure que le sort de l'Angleterre me laisse de marbre, et que Rushdie — l'homme, l'écrivain – m'excite autant que d'attraper la vérole. M'énerve, me fait bondir, me donne envie d'injurier jusqu'au pape, la sacro-sainte moiteur de l'Europe, ce so-called continent, cette réserve de retraités, de tapettes et de journalistes sportifs. Que Rushdie se prenne demain un pruneau dans le buffet, peu importe. Que Her Majesty se fasse bouffer cette nuit par l'un de ses corgies, cela ne me fera pas avaler de travers mon café matinal, putain, non ! Ce qui me hérisse le poil (et je suis pourvu de poils), c'est d'imaginer des toqués du Prophète, verdâtres d'une haine moyenâgeuse, en train de mijoter un attentat qui demain enverra ad patres des innocents, qui n'en ont rien à secouer, tout comme moi, de Rushdie, de la reine d'Angleterre, de Gordon Brown, des corgies et des clébards en général. Et ce qui me fait haïr cette putain de vieille carne encroûtée d'Europe, c'est sa mollesse infinie, déguisée en sagesse démocratique. N'y a-t-il pas quelque part, entre Moscou et Lisbonne, un type avec autre chose dans le pantalon que du foin, qui aurait la décisive et riche idée de balancer sur Karachi (ou Kaboul ou Ryad ou Téhéran ou...) quelques bombs bien dodues, histoire de clore pour de nombreuses années la gueule à ces excités du turban ? Et l'hyperprésident Sarkozy, y fait quoi, là, dans son Élysée, à part tirer sa femme, sa bonne et le chien de son jardinier, entre deux rodomontades et trois froncements de sourcils censés filer la trouille (et la diarrhée qui va avec) à son ex-futur ministre de la Justice Patrick Devedjian, coupable d'avoir, en passant, par bonne humeur et gaillardise, traité de salope une femme qui n'a pas même l'excuse de se prénommer Ségolène ? Qu'elle est forte et fière dans la morale et le théâtre de Guignol, la sanieuse Europe ! Des fois je me dis que n'ai pas bougé d'un pouce, que c'est l'Europe qui dérive toujours plus, encore, encore... Un jour on la retrouvera entre deux véritables continents, morte enfin au terme d'une dégoûtante agonie, et elle aura dans son cul très profond une océanique dégoulinade en forme prophétique de croissant. Et cela ne m'empêchera nullement de déguster mon café matinal. Je penserai un peu tristement aux quelques amis que j'ai laissés là-bas, et qui s'y emmerdent à mourir, j'en suis sûr.
08:22 Publié dans Frictions | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note






Commentaires
Ah, merdre alors! Ubu est revenu.
Ecrit par : Jarry | samedi, 30 juin 2007
Cher Ygor, bravo pour ce texte musclé et burné.
Non aucun prétendu politicien européen n'a de tripes : ils sont précisément élus parcequ'ils n'en ont pas ! Vous l'aviez compris ? L'Europe est dirigée depuis Bruxelles, Riyad et Téhéran. Que peut craindre al-Qaïda d'un continent qui a organisé son désarmement depuis 1989 ? Dans les années 80 face à la menace soviétique il valait mieux être rouge que mort. Maintenant il vaut mieux être vert de trouille islamophile.
Ne vous étonnez pas si votre texte vous vaut un procès par des imams montréalais épris d'amour, de tolérance et de paix. Je note que vous n'appelez pas à la destruction d'Israël ce qui vous aurait valu la considération bienveillante de Pierre Falardeau et ses amis. Vous n'avez que mépris pour les imaginatifs djihadistes inventeurs de la ceinture d'explosifs-à-l'homme : décidément vous n'aurez pas le prix Staline cette année. Ni le Nobel : Marc-Edouard Nabe risque de vous coiffer au poteau.
Certains gauchistes amateurs de pétrodollars et bottés d'un stylo pourraient vous assimiler à Maurice Dantec : vous êtes un néo-réac.
Aujourd'hui l'islam est l'ecstasy des "intellectuels". Regarder un journaliste américain se faire décapiter : beaucoup de nos "jeunes" trouvent cela "cool". Si en plus le journaliste est juif : c'est jouissif pour tous nos aspirants-machines à tuer de l'infidèle.
Les Anglais sont incapables de la moindre réaction : ils n'ont pas réagi à la prise d'otage de leurs marins d'eau douce par les Iraniens autrement qu'en payant. Les Européens payent pour se faire prendre par derrière par des orientaux antiracistes. Ils sont les esclaves consentants de l'Empire coranique du Bien.
Ecrit par : Samuel | samedi, 30 juin 2007
Vous voyez, vous plaisantez et aussitôt il y a un type qui arrive, qui gobe tout et même qui en rajoute.
Bravo, ça c'est de la littérature.
Ecrit par : Jarry | samedi, 30 juin 2007
Putain ! que ça fait du bien au milieu de cette blogosfoirfouille miasmatique.
Mon dimanche en est tout tonique !
Ecrit par : Valérie | dimanche, 01 juillet 2007
La réponse de la vieille Europe c'est la réponse de la civilisation à la barbarie.
Mais pouvez-vous comprendre ça?
La réponse couillue du nouveau monde, c'est la tragi-comédie de l'invasion de l'Irak, elle fait rire le monde entier.
Mais à vous elle doit vous donner des érections patriotiques.
Chacun sa sexualité, nous ne sommes pas tous des bètes.
Ecrit par : Ségolene | mardi, 03 juillet 2007
Pendant que vous riez, Fée-Golem, et prenez votre nombril pour le monde, les dictateurs arabes-amis de la France comptent sur la complicité de la vieille Europe pour continuer d'opprimer leurs sujets en toute liberté antiimpérialiste et antisioniste.
L'Europe des mort-vivants est incapable de répondre quoi que ce soit.
Quant à la sexualité, elle est impossible entre européen(ne)s puisqu'il n'y a plus en Europe qu'un seul sexe : le sexe féminin. D'où le recours aux membres virils d'al-Quaïda et co...
Ecrit par : Samuel | mardi, 03 juillet 2007
Mon Dieu, mon pauvre Samuel, tout dans l'ellipse et la légéreté. Vous ètes un mondain, vous. Vous devez faire un malheur dans les salons bourgeois.
Lorsqu'on veut éduquer des tanches, il ne faut pas craindre en effet de manier avec vigueur des idées d'ablettes. Vous y réussissez à merveille.
A vous tout seul vous pourriez faire une pisciculture.
Ecrit par : Ségolène | mardi, 03 juillet 2007
« La réponse couillue du nouveau monde, c'est la tragi-comédie de l'invasion de l'Irak, elle fait rire le monde entier. Mais à vous elle doit vous donner des érections patriotiques. »
Je n'ai aucune érection du type que vous me prêtez, et d'autant moins dans le cas présent quand on sait que je suis belge. Mon rapport à l'Europe politique est à peu près semblable à celui de Thomas Bernhard avec son Autriche natale : je t'aime, moi non plus. L'Europe n'a tout simplement pas de politique en dehors du bavardage ad nauseam. Culturellement, je suis et resterai toujours un Européen, et je parle de culture au sens étendu (gastronomie et art de vivre compris).
Vous êtes forte pour moucher le prétendu mondain, sans vous rendre compte de votre manichéisme à deux balles : la civilisation est du côté de l'Europe et la barbarie du côté américain. Expliquez-moi alors pourquoi les deux grandes idéologies meurtrières du XXe siècle, le communisme et le nazisme, sont des inventions européennes. Et tant qu'à faire, expliquez-moi pourquoi ce sont les « barbares » américains qui nous ont délivrés du second tout en ayant fortement contribué à l'affaiblissement puis à la disparition du premier ? Lorsque, grâce au laxisme (appelé tolérance dans les cercles vertueux) européen, vous serez obligée, sous un régime islamiste, de porter la burqa, vous serez peut-être ravie de voir débarquer quelques bons vieux GI's. L'histoire, vous le savez, a furieusement tendance à se répéter.
Du reste, ce n'est pas parce que je fustige le laxisme européen que je suis un zélateur de la politique américaine. J'ai toujours été contre l'intervention en Irak et je n'ai pas la moindre considération pour G. W. Bush (que je ne confonds pas avec le peuple américain).
Ecrit par : Yanka | mardi, 03 juillet 2007
Cher Ygor, vous allez à l'essentiel mais probablement en vain : les idéologues se foutent du réel.
Quant aux salons bourgeois je n'y vais jamais. Les mondains préfèrent Nabe. Je préfère Bernanos et Dantec.
Ecrit par : Samuel | mardi, 03 juillet 2007
N'abusez pas du café matinal, cependant...
Ecrit par : Didier Goux | mercredi, 04 juillet 2007
Sans doute Thomas Bernhard avait un amour-répulsion de l'Autriche, je ne crois pas avoir lu dans toute son oeuvre un appel à la violence aveugle ou à des lâchers de bombes sur quelque ville que ce soit.
Ecrit par : Ségolène | mercredi, 04 juillet 2007
« Sans doute Thomas Bernhard avait un amour-répulsion de l'Autriche, je ne crois pas avoir lu dans toute son oeuvre un appel à la violence aveugle ou à des lâchers de bombes sur quelque ville que ce soit. »
Je ne suis pas non plus Thomas Bernhard, sauf que je suis écrivain, pas journaliste, et qu'il ne faut pas voir partout des appels. Cette violence dite aveugle, elle est, me semble-t-il, l'apanage des terroristes, et contre la terreur, qui est une folie furieuse, la raison s'impose, donc la force, non la sagesse moite et pépère du petit retraité européen au cerveau lessivé par les « weapons of mass destruction » de la publicité et de la doxa politico-médiatique (« Les peuples de l'Islam sont opprimés par l'Occident et non à cause de l'Islam qui est une religion comme les autres et une grande culture, en plus d'être la tolérance incarnée. »)
Nous envoyons nos médecins soigner les misères du monde un peu partout sur la planète, y compris chez nos ennemis. Eux envoient les leurs pour fomenter des attentats qui tueront nos femmes et nos enfants. Cherchez l'erreur...
Ecrit par : Yanka | mercredi, 04 juillet 2007
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