samedi, 02 juin 2007
Anatomie d'un couac (Preuve 1)
BARNUM : Personne, généralement un forain, qui exploite le talent d'un artiste, exhibe des phénomènes à sensations, etc., à l'aide d'une publicité tapageuse et en organisant des tournées. (TLF)
Cette utile définition pour justifier le choix du nom de ce volet II de mes archives.
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« Je suis encore debout, à 7 heures du matin. J'ai travaillé. J'ai aussi écrit à un écrivain, par ailleurs directeur de collection chez un éditeur parisien, donc un éditeur potentiel. Tu ne cesses de m'envoyer de bizarres signes auxquels je me conforme. » (Extrait d'un mail à la future Mme Yanka, 12 janvier 2005)
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« Voilà, je viens de répondre longuement à Joseph Vebret. Tu serais stupéfaite du nombre de correspondances qu'il y a de lui à moi. J'allais lire son blog régulièrement, avant de te connaître, et ces derniers temps, je percevais dans ses écrits un appel, alors qu'il ne me connaît pas. Et hier quelque chose m'a poussé à lui écrire, irrésistiblement. Et voilà qu'il vient de passer quelques heures à lire quelques-uns de mes textes sur mon site, et il accroche. Je le sens bien, ma petite fée de rêve, je le sens très bien... pour toi, pour moi, notre vie... ton travail... ma littérature. Nous sommes en train de bâtir un empire... et tu en seras la reine. » (Extrait d'un mail à la future Mme Yanka, 12 janvier 2005, 14 h 54)
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Il s'est passé ceci dans l'intervalle :
Merci à vous (Ygor Yanka à Joseph Vebret, 12 janvier 2005)
Je n'attendais pas une si prompte réponse... Merci à vous.
Il n'existe pas de version romancée de mon journal. Ma vie n'a pas été très palpitante sur le plan de l'action. Mon journal est un patchwork de réflexions brèves et de notes vagabondes. Je n'y commente jamais l'actualité, ou très rarement. Il est à la fois intime et littéraire, à la Léautaud moins le carnaval des animaux, à la Kafka (mon plus que frère). Il vaut par son style, très uni, dense, vert. C'est étrange, mais alors que j'ai mis dix ans à forger un style acceptable pour le roman, j'ai d'emblée trouvé le ton pour le journal. C'est en ce sens qu'il est littéraire. Il est très écrit, concentré dans la forme, soutenu dans le ton, et cela naturellement, sans retouches ultérieures. Ça m'embête, mais j'ai toujours eu la conviction que c'était là ma manière, mon genre littéraire de prédilection. J'aime justement dans les journaux que je lis l'imprévisible : le diariste ignore aujourd'hui ce qu'il écrira demain, s'il sera gai ou triste, s'il relatera un drame ou une cocasserie, parce que c'est la vie au jour le jour qui nourrit le journal et qu'on ignore ce qu'elle nous réserve. Dans un roman, l'intention de l'auteur prime, et cela fausse un peu le jeu, je trouve. Et puis surtout : je ne pense pas aux lecteurs potentiels lorsque j'écris mon journal, je me sens libre, tandis que dans le roman je suis arrêté parfois par la pensée de cet énorme, informe et très sévère visage du lecteur, cet inconnu que j'ai décrété hostile. Si j'ai un jour la chance d'être publié (roman), je pense que je cesserai d'être à ce point intimidé par le lecteur anonyme. Je ne suis jamais aussi à l'aise que lorsque j'écris à quelqu'un en particulier (voir mes lettres à Raphaël Denys), et mon journal est destiné à quelqu'un, à moi-même, lorsque je serai vieux, ou à une personne aimable, bienveillante (j'ignore pourquoi d'ailleurs, mais je le sens).
Éros cui-cui est un roman au sens large. Raphaël estimait après lecture que j'aurais dû le romancer à la manière Kierkegaard dans son Journal du séducteur. Or, moi, je trouve ce séducteur d'un ennui parfait, et son « journal » insignifiant, parce que romancé, justement, sans spontanéité. J'ai fait, dans Éros cui-cui, le choix de présenter les choses brutalement : mes lettres (réelles) à une jeune femme et les réflexions de mon journal regardant cette aventure, le tout coiffé d'un épilogue. À l'époque, j'ai 34 ans. Je sors d'une fabuleuse passion charnelle avec une autre jeune femme (Caroline). Celle-ci m'ignore sur le plan intellectuel. Je ne suis donc aimé que partiellement. Et voici que le jour où des pensées suicidaires m'accablent, je rencontre une jeune femme (Marie) qui, elle, n'est intéressée par moi que sur le plan intellectuel : l'écrivain, pas l'amant. Or, je suis un homme de chair, et ma pensée est chair aussi, et ma chair est pensée. Je lui écris donc comme un amoureux transi (le côté « cui-cui », voire cucul), et bien sûr, très vite, la part érotique intervient, la chair réclame un dû que la belle refuse sous des prétextes nébuleux. Je me sens nié dans mon corps et je regimbe. Après trois mois, je jette l'éponge, avec fracas : détumescence... Ce livre est emblématique d'une certaine névrose amoureuse féminine, que j'ai maintes fois observée. Raphaël dirait : « C'est tellement contemporain ! » Et c'est parce que c'est tellement contemporain que cela me semble intéressant, au-delà de l'aventure amoureuse personnelle... Des gens chez Flammarion ont défendu ce texte, mais le second comité de lecture ne l'a pas retenu, de toute justesse apparemment. Ne disposant pas de moyens financiers mirobolants, j'ai cessé de solliciter les éditeurs. Je serais tout à fait disposé à revoir ce texte, au cas où... mais il me paraît difficile et pas tellement souhaitable de passer de la forme épistolaire à la forme romancée. Enfin, je ne suis hostile à rien...
Je compte un certain nombre de romans avortés. J'écris lentement, dans ce genre-là. Je finis par connaître mes textes par cœur, à force de relectures (je suis d'une exigence féroce, un cinglé du style, un maniaque du vocabulaire, et ça m'énerve, pouvez pas savoir !), à m'en dégoûter. Depuis quelques mois, j'écris un roman difficile et singulier que je veux mener à terme (La tribu). Je ne veux pas qu'il excède 150, 200 pages maximum. Récemment, j'en ai lu les premières pages publiquement lors d'une soirée lectures. Très bon accueil. Je suis toujours étonné qu'on me trouve du talent, moi qui ne cesse de me dénigrer : trop ceci, pas assez cela. Je peux sans problème vous envoyer les premières pages, et si cela vous intéresse, cela m'encouragerait grandement pour l'achever, car je demeure toujours dans la crainte d'un abandon : mes sempiternels « À quoi bon ? Ça n'intéresse personne... »
Voici pour l'heure. Je vous remercie de votre intérêt, d'avoir pris le temps de jeter un œil sur mes « cadavres ».
Bien à vous.
Igor Yanka
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Re : Merci à vous (Joseph Vebret à Ygor Yanka, 13 janvier 2005)
Bonjour,
Message rapide en raison d'un planning surchargé.
1 — J'aime bien Éros cui-cui : pourriez-vous me transmettre une version complète sur un seul fichier afin que je l'imprime pour relire dans la continuité et faire lire aussi à l'ami avec lequel je vais diriger cette nouvelle collection. Question directe : êtes-vous ouvert aux critiques, remarques ? Seriez-vous vous d'accord pour faire évoluer le texte à certains endroits (sans pour autant abandonner la forme du journal) ou considérez-vous qu'il est gravé dans le marbre ?
2 — Puis-je lire le debut de La tribu ? Quand pensez-vous l'avoir achevé ?
3 — Cessez de vous dénigrer : vous savez manier les mots, vous savez écrire, vous avez du style (contemporain, certes, mais construit). Alors au boulot !
4 — Dans une lettre à Caroline du 18 juillet 99, vous parlez d'un roman de 196 pages commencé le 1er et fini le 17... Quid ?
Bien à vous,
Joseph Vebret
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Rester vivant... mourir d'être en Vie (Extrait d'un mail à la future Mme Yanka, 13 janvier 2005)
J'ai passé tout le début de l'après-midi à répondre aux questions de Joseph Vebret. Il a lu Éros cui-cui et ça lui plaît beaucoup. Je lui ai parlé du roman que je suis en train d'écrire et il veut que je lui en envoie le début. Je crois que si j'avais un roman tout prêt, il le prendrait sans condition ! Il m'a déjà demandé si j'allais à Paris parfois. Je croise les doigts très fort. Mon flair me dit que cette fois, ça y est : les portes s'ouvrent, y a plus qu'à entrer. Et tout ça grâce à toi. Comme je l'attendais. Comme je le savais depuis si longtemps. Tu es bel et bien la Femme que j'attendais, à tous égards. Je n'avais pas de doutes, mais là, je ramasse à la pelle les confirmations, chaque jour davantage. J'ai même du mal à suivre ! Ah ! les cent-cinquante plus belles femmes du monde peuvent bien se jeter à mes pieds : je les repousserai avec mépris. Et d'ailleurs, la plus belle, c'est toi, donc au diable les pétasses siliconées, rasées, liposucées, blondes !
Les fées, les anges... Je crois au merveilleux. Tu ignores comment j'ai rencontré Raphaël (Raphaël est le prénom d'un archange). Je vais te raconter, c'est stupéfiant. Il faut d'abord savoir qu'il est mon ami absolument, presque un frère, bien que nous nous disputions souvent pour des questions intellectuelles ou littéraires, mais sans que cela affecte notre amitié. Ensemble nous avons passé des nuits et des nuits entières à discuter. Je suis le dédicataire de son bouquin qui va sortir le mois prochain : je l'ai beaucoup aidé à le mettre en forme. Bon ! Un jour je m'assois dans un bistrot à la table d'une femme (ce que je ne fais jamais) à laquelle je devais dire invinciblement quelque chose. C'était plus fort que moi. Je la connaissais de vue : elle sortait avec un vague copain. Je devais lui dire : « Merci d'exister. » C'est tout de même fou. J'étais très attiré par elle, mais pas du tout physiquement, c'était autre chose. Une Italienne, Gabrielle (l'ange annonciateur se prénommait Gabriel), 30 ans, très brune, regard très intelligent, visage passable, mais le reste une calamité : courte sur pattes, basse du cul, informe, grasse sans être grosse. Je m'assois donc et je lui délivre mon message (« Merci d'exister ») que je justifie ainsi : je l'avais croisée quelques temps plus tôt à un passage pour piéton, elle m'avait salué et moi, tête en l'air, je ne l'avais pas reconnue, si bien que je n'ai pas répondu à son salut. C'est après, chemin faisant, que ça a commencé à me tourmenter bizarrement. Je me suis rendu compte que, bien que je ne la connaissais que pour l'avoir vue quelquefois avec son copain, elle importait dans ma vie : je la sentais protectrice, extrêmement bienveillante à mon égard, elle était une des très rares personnes dont la vue, en dépit de son physique disgracieux, me remplissait d'un étrange sentiment de sûreté absolue, de réconfort, de force. Et je me suis promis que la prochaine fois que je la verrais, je la remercierais d'exister, tout simplement. Je t'assure que je ne suis pas du tout coutumier de ce genre de déclarations ! Je lui dis donc. Tu aurais vu sa tête ! Comme si je lui annonçais qu'elle avait gagné un milliard de dollars à la loterie ! Bouleversée, en fait. Bon, nous passons le reste de la soirée à deviser, jusqu'au petit matin. Je l'accompagne à son arrêt de bus et nous nous quittons sans promesse de nous revoir. Pour moi, j'ai fait ce que j'avais à faire, point. Le lendemain, elle sonne chez moi. Elle avait remué ciel et terre pour trouver mon adresse. Nous discutons autour d'un verre et soudain la voilà qui me prend les mains chaleureusement. Je vois à son regard qu'elle était amoureuse. Là, pour moi, il y avait un malentendu. Je n'avais pas envie de ça, pas avec elle. J'étais attiré par elle en dehors de l'amour, mais comment lui faire comprendre ça ? Nous sommes sortis ensemble, car je me suis laissé faire, mais catastrophe : elle ne me faisait pas bander ! Elle se vantait de sucer merveilleusement, elle le faisait et je ne bandais même pas ! Son corps était mou, sans attraits pour moi, même en me forçant. Nous n'avons réussi qu'une seule fois à faire l'amour. J'étais chez elle, à la soirée de la dernière chance, et j'étais froid. Nous étions assis dans son canapé, je parlais. Je n'y peux rien : ma voix grave et mes inflexions séduisent. Là voilà donc qui se jette sur moi, agenouillée sur le canapé, les jambes de part et d'autre de mon bassin, me faisant face. Elle connaissait mes préférences sexuelles, sans les partager. Et soudain je sens une chaleur humide entre mes cuisses : elle était en train de faire pipi, sans crier gare, à travers ses vêtements, sur moi ! Là, je l'avoue, j'ai flambé. Pour le coup je bandais, et pas un peu ! Nous avons donc fait l'amour un peu sauvagement. Je suis rentré à pied chez moi, traversant une partie de la ville avec mon pantalon trempé de son pipi ! Je savais toutefois qu'il n'y aurait pas de suite, une décision avait été prise malgré moi, tout au fond de ma tête.
Elle était un peu, voire beaucoup sorcière, elle m'effrayait par la connaissance qu'elle avait de moi intimement. Elle m'était jumelle par bien des aspects, mais je sentais cela d'une façon négative, sans doute parce que, là encore, ce n'était pas elle que j'attendais. Elle me parlait d'un certain petit bonhomme qu'elle trouvait génial, un jeune métis, un écrivain, et elle tenait absolument à ce que je le rencontre. Moi, je n'y tenais pas du tout. Des gens qui écrivent, souvent très mal, j'en ai rencontré plusieurs, et je me garde de cette faune. Je prenais Raphaël, puisqu'il s'agit de lui, pour un dilettante. Un jour, ma veste sur le dos, je m'apprêtais à sortir pour aller à la FNAC acheter un livre précis dont je venais de lire la critique dans le journal : Rester vivant, de Michel Houellebecq. Le téléphone sonne : Gabrielle ! Toute exaltée. Elle était à la terrasse d'un bistrot (celui-là même où j'ai rencontré Marie) avec Raphaël et il fallait que je vienne, etc. Moi, je n'avais pas envie de ça, pas du tout. Mais comme le bistrot se trouvait sur mon chemin, je lui dis en maugréant que je vais passer boire un verre, un seul. J'étais d'une maussaderie ! Je l'embrasse, je serre la main froidement à Raph. Tandis que je m'assois, je vois sur la table un sac de la FNAC semblant contenir un livre. J'appuie sur le sac pour confirmer un doute soudain et par transparence je lis : Michel Houellebecq, Rester vivant !!! Il venait d'acheter le livre que je sortais pour acheter !!! Évidemment, je le lui dis : surprise totale ! Et nous sympathisons. Après un quart d'heure, nous avions l'air de deux vieux amis. Gabrielle se lève et dit : « Mon rôle s'achève là. » Ni Raphaël ni moi ne comprenons. Elle souriait, visiblement très heureuse. Et elle nous a laissés, affirmant qu'elle devait nous laisser. Avec Raph nous avons passé toute la nuit à parler littérature, avec passion. Avec Gabrielle, il ne s'est plus rien passé. Je l'ai revue, bien sûr, et lui ai demandé des précisions. Elle m'a dit que son rôle dans l'affaire avait été de nous connecter, moi et Raphaël. Il y aura six ans au printemps que Raphaël est mon ami, un ami comme je n'ai jamais eu. Sans lui, je n'aurais pas écrit Éros cui-cui. C'est après lui avoir lu quelques lettres à Marie que l'idée m'est venue d'en faire un livre. Je dois à Marie ce livre (pour le contenu), et je dois Marie à Caroline. Et c'est une lettre à Caroline qui m'a valu ma fée Vie. Et si j'ai la chance de voir un texte de moi publié bientôt (ce livre-là peut-être), c'est à toi que je le dois, à cette magie qui circule entre nous. Caroline m'a rendu mon corps, a fait de moi l'homme que j'étais et qui n'osait pas l'être, trop timoré, manquant de confiance en soi (les femmes me faisaient peur). Toi, tu me réaliseras en tant qu'écrivain, sans rien me faire perdre du reste. Le corps, le cœur et maintenant l'âme. Tu me permets d'exister totalement, tu me libères, je suis au complet désormais. Tu es donc bien la femme de ma vie. Et cela, de la manière la plus irréfutable. Quarante-deux ans de lamentables errances se terminent... par un feu d'artifice. Et cette fois je sais que je ne dirai pas non, comme à Caroline qui voulait un enfant, comme à Sophie qui voulait que nous vivions ensemble. À toi, Viviane, je dis oui, à tout. Nul, ni rien ne m'arrêtera. Québec, j'arrive !
Mille roses pour toi, et mille câlins, ma belette.
Tendresse.
Ton ogre à plume
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Brûlez vos agendas ! (Ygor Yanka à Joseph Vebret, 13 janvier 2005)
Bonjour,
Je vous réponds dans l'ordre inversé.
4. Le roman dont je parle dans cette lettre à Caroline, c'est précisément Éros cui-cui. Pour écrire ce livre, j'avais interrompu un roman plus traditionnel appelé Le violon raccourci sur lequel je travaillais depuis de longs mois. Je n'ai pas eu le courage de le reprendre après Éros. Il souffrait à vrai dire d'un défaut de structure.
3. Je n'aime pas les injonctions, mais la vôtre me plaît (« Alors au boulot ! »). Le style de mes lettres et de mon journal est plus contemporain que celui de mes romans. Sinon, style et vocabulaire soutenus. Style parfois peut-être un peu trop léché, trop construit — mais cela est ma manière. Je suis un tyran du rythme et de la virgule. J'évite toujours les termes à la mode.
2. Vous recevrez dans les heures qui suivent le début de La tribu. Il y a ce qui est écrit et le reste. Je suis en réalité plus loin que les pages que vous recevrez. Quand l'aurai-je terminé ? Impossible à dire. Je ne m'assigne jamais aucun délai, puisque personne n'attend jamais rien de moi. Mais je sais par expérience que je travaille efficacement lorsque le temps me presse. À vue de nez, je vous dirai qu'il peut être achevé pour la Saint-Jean d'été, avant peut-être si je ne rencontre aucun souci majeur. Je sais ce que je dois écrire, tout est en place. Ne me manque que le dénouement.
1. Éros cui-cui n'est absolument pas coulé dans le marbre. Je suis ouvert aux critiques, aux remarques. Je serai peut-être un peu plus résistant pour l'épilogue (la seule partie du livre qui a été écrite pour le livre). Là où je suis plutôt intransigeant, c'est sur le vocabulaire. Raphaël me rapportait cette anecdote : dans son Testament d'Artaud, Sollers lui a demandé de retirer l'expression « un tantinet » (qui n'apparaissait pourtant qu'une seule fois), au motif que ce serait là une expression désuète. Il a obtempéré, mais moi, je me serais battu pour le conserver, parce que je ne choisis jamais impunément un mot, une expression : tout est pesé. Il doit y avoir des belgicismes, inévitablement. Je fais attention à cela dans le cadre d'un roman, mais dans des lettres, censées n'être lues que par leurs destinataires (belges), je suis moins regardant et il est possible que des allusions à des réalités belgo-belges puissent rendre perplexe un lecteur français ou suisse ou moldave. Lorsque je parle du Carré, par exemple, pas besoin d'explications pour un Liégeois, voire un Wallon : je parle du piétonnier du centre-ville, centre nerveux des nuits liégeoises. Sur mon site, j'ai ajouté des notes explicatives (infobulles) qui ne figurent pas dans le manuscrit original. Il est utile, je pense, de les intégrer en bas de page.
Comme je travaille avec le traitement de texte d'Open Office que tout le monde n'a pas nécessairement, il me faut convertir le document au format Word, ce que je peux faire avec Open Office, mais cela génère toujours des bouleversements de la mise en page. Je vais donc relire le tout afin que cela reste présentable. Le tapuscrit respectait les normes : 1500 signes par page (25 x 60). Dois-je conserver ce format ou puis-je diminuer un peu la taille de la police, ceci afin d'économiser le papier (le vôtre) ? Je pense pouvoir vous envoyer le document samedi soir au plus tard, peut-être avant. Il sera certainement accompagné de remarques, puisque d'ici là je l'aurai relu.
Bien à vous et merci encore de votre intérêt (je reste un tantinet effaré). Ne vous tuez pas à la tâche, brûlez vos agendas !
Igor Yanka
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22:20 Publié dans Archives II : Barnum | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : écriture, édition, Joseph Vebret





