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<title>Opus XVII - banalites_phenomenales</title>
<description>Opus XVII</description>
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<lastBuildDate>Mon, 31 Dec 2007 15:37:12 +0100</lastBuildDate>
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<title>Le déshonneur des lettres</title>
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<author>noreply@hautetfort.com (Ygor Yanka)</author>
<category>Banalités phénoménales</category>
<pubDate>Wed, 28 Nov 2007 08:00:00 +0100</pubDate>
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&lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;Une &lt;a href=&quot;http://stalker.hautetfort.com/archive/2007/11/17/le-prix-goncourt-ou-les-confidences-du-rien.html&quot; title=&quot;Le Prix Goncourt ou les confidences du rien&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;note&lt;/a&gt; récente du Stalker mentionne l'initiative de l'éditeur Léo Scheer appelant au soulèvement (rien de moins !) de la blogosphère pour cause de médiocrité du cru 2007 des prix littéraires. Dans la foulée, Scheer propose une liste B de prix.&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;Je n'ignore pas que la blogosphère des lettres n'a rien à cirer de l'opinion du ciron Yanka, mais puisque, pratique oblige, j'appartiens bien à la triste caste des écrivains, je me sens plus ou moins concerné, et donc forcé de faire connaitre mon opinion.&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;Je confesse n'avoir jamais été influencé dans mes choix de lecture par aucun prix. Je n'ai lu que trois livres primés par le Goncourt : &lt;i&gt;À l'ombre des jeunes filles en fleurs&lt;/i&gt; (Proust, 1919), &lt;i&gt;Le rivage des Syrtes&lt;/i&gt; (Gracq, 1951, prix refusé par l'auteur et livre que je n'ai pas eu le courage de lire jusqu'au bout, tant il m'a ennuyé), &lt;i&gt;Le roi des aulnes&lt;/i&gt; (Tournier, 1970). J'ai aussi lu le Renaudot de 1929 (Marcel Aymé) et celui de 1932 (Céline). Un seul Prix Médicis : celui de 2004 (Marie Nimier). La liste est un peu plus longue, mais pas tellement, pour les lauréats du Médicis étranger. Arrêtons là cet insensé recensement. On l'aura compris : je me soucie comme d'une guigne des prix littéraires. Pour moi, on peut les supprimer.&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;Je n'appelle pas comme Léo Scheer au soulèvement, mais à l'indifférence, voire au mépris. Que disait Léautaud des prix littéraires ? Ceci, que tout écrivain qui en acceptait un, sollicité ou non, était à ses yeux déshonoré. Il insistait : &lt;i&gt;déshonoré !&lt;/i&gt; Au déshonneur des écrivains primés j'ajoute pour ma part celui des membres des jurys littéraires, tous, sans exception, compromis et véreux.&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;Une liste B de prix... Pourquoi pas des listes C, D, E, F, etc., histoire de récompenser large ? Et tant qu'à faire, pourquoi pas une liste A récompensant les auteurs dont le nom commence par A, une liste B pour les auteurs en B, une liste C pour..., etc. ? &amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;Amusant de constater que, plus la littérature française dégringole, plus on la distingue par des prix dûment prestigieux et notoirement truqués. Ridicule, obscène, cette bousculade de la rentrée, cette agitation poussiéreuse du néant en vue des lauriers de novembre, ces poussées goitreuses d'écrivains en mal de distinction.&lt;/div&gt;
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<title>L'œil impitoyable du temps</title>
<link>http://opusxvii.hautetfort.com/archive/2007/10/20/l-œil-impitoyable-du-temps.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Ygor Yanka)</author>
<category>Banalités phénoménales</category>
<pubDate>Sun, 21 Oct 2007 17:25:00 +0200</pubDate>
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&lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.yankay.net/opus_xvii/images/vico.jpg&quot; id=&quot;media-616235&quot; title=&quot;Vico&quot; alt=&quot;Vico&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0pt; float: left&quot; name=&quot;media-616235&quot; /&gt;CHRISTOPHER PAUL NEIL, dit Vico, pédophile présumé, a été arrêté par la police thaïlandaise après que sa photo défloutée a été diffusée par Interpol planétairement. C'est une première mondiale. Je ne sais s'il faut se réjouir, non de l'arrestation d'un nuisible, d'une crapule, mais de la manière dont cela s'est fait.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;La technique qui a permis le floutage du visage de Vico, et donc, en principe, l'anonymat du criminel, s'est retournée contre lui. Fallait s'y attendre. Il y a vingt ans seulement, le pédophile aurait pu, avec une technique similaire mais non identique, voiler ainsi sa face et nul n'eût été capable de l'identifier. Avant de devenir aux yeux du monde Christopher Paul Neil, soit une personne, c'est-à-dire une histoire, un lieu de naissance, une profession, un lieu de résidence, etc., Vico n'était qu'une image, un visage parmi des millions d'autres, sans particularité saillante (cicatrice, balafre, bec-de-lièvre, ectropion, etc.). Si je l'avais croisé en rue, je ne l'eusse point reconnu. Blanc, dans la trentaine, glabre — soit le banal portrait de centaines d'hommes de ma petite ville.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;S'il faut, sans réserve, se réjouir de l'identification puis de l'arrestation de l'affreux jojo, même s'il n'a tué personne, cette affaire ne laisse pas de soulever en moi de multiples interrogations. Quoi ? Interpol est capable de mobiliser la planète entière pour mettre fin aux agissements criminels d'un homme au palmarès meurtrier vierge (c'est un détail tout de même important, et qu'il n'ait tué personne ne l'exonère pas de ses péchés) — Interpol donc est capable de mettre en branle tout l'univers pour obtenir le visage, puis l'identité, ensuite la peau d'un vulgaire pédophile, et nul n'est en mesure de mettre la main au collet des mille et un criminels de guerre et autres génocidaires qui grouillent sur terre, alors qu'on sait leurs noms, où ils dorment chaque nuit, et combien de fois par semaine ils changent de caleçon ? Oh ! je sais bien que le pédophile est le criminel absolu par les temps qui courent, l'homme à abattre, à livrer en pâture au peuple assoiffé de justice et de croustillants détails. C'est une des bizarreries de ce temps, on ne peut rien contre cela et d'ailleurs, hein ? on s'en tamponne un peu le coquillard, de ces engouements populaires, judiciaires et médiatiques. Tout de même, ça signifie qu'aujourd'hui, là, en 2007, il est plus grave, mille fois, de violer, sans pour autant le battre, le torturer, l'occire, un enfant, que d'envoyer &lt;i&gt;ad patres&lt;/i&gt;, par le fer, le feu ou la soif, des foules entières d'innocents. Depuis quand les mouches sont-elles des fauves ? La vie vaudrait-elle moins qu'un hymen ? C'est un soupçon que j'ai.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Moins grave, mais tout de même angoissant... Jadis, quand la terre était aussi vaste que l'univers, un criminel savait pouvoir échapper à la justice des hommes (mais non à celle de Dieu) en se réfugiant le plus loin possible du lieu de son crime. C'est ainsi que des Nazis ont trouvé refuge, couche molle, gamelle pleine et caleçons propres à profusion, en de lointaines, accueillantes contrées comme le Paraguay, l'Argentine, la Bolivie, le Chili. Là, nul n'allait les embêter avec de vieilles histoires. Ils refaisaient leur vie, reprenaient femme, enfants et un dernier petit verre à la santé de l'Amicale des Rescapés d'Auschwitz. Tous, c'est vrai, n'ont pas eu la chance de vivre heureux, tranquilles et nonagénaires sous le soleil. Certains ont été rattrapés et punis d'une ou deux fessées. Vilains garnements, va !&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Je suis ainsi fait que je préfère l'idée d'une justice assurée par Dieu à la réalité de la parfois brutale et toujours imparfaite justice humaine, parce que cette dernière, sous couvert de noble idéal, assouvit en fait une vengeance. Brutale, expéditive justice humaine quand elle punit de mort à Landerneau un crime qui, perpétré à Béziers, eût valu un blâme à son auteur, ou une amende, ou une brève incarcération. Imparfaite, parce que punir par un simple emprisonnement, même à vie, un assassin, ne remplacera jamais une vie ôtée (la mise à mort de l'assassin non plus, d'ailleurs), et ne consolera jamais les proches du disparu. L'équité, en matière de justice, c'est la loi du Talion. Œil pour œil, dent pour dent. Punir d'une dent en moins celui qui a énucléé son prochain me semble pour le moins arbitraire, comme de lapider à mort une femme adultère à Lagos. Mais tout cela est délicat et si j'avais quelque pouvoir en ce domaine, je ne suis pas sûr que je changerais quelque chose, sans doute par fatalisme, parce que ma soif de justice n'est pas aussi inextinguible qu'on pourrait croire. Les exceptions, les cas particuliers, le hasard, la fatalité, tout cela affecterait la parfaite symétrie du principe. Un arbre écrase dans sa chute un passant. Qui punir ? Le vent ? Les parasites qui ont affaibli l'arbre ? La municipalité via son maire ? L'arrière-petit-fils du jardinier qui a planté l'arbre ?&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Je souhaite toujours, dans un premier et bref mouvement, que le criminel, quoi qu'il ait fait, puisse échapper aux griffes des justiciers et disparaître à tout jamais avec son crime, sa conscience et ses remords. Je table évidemment sur le fait qu'il ait une conscience et soit rongé par le remords. Or, pour ça, je me fourre le doigt dans l'œil.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Vous volez une pomme à Cuzco, on vous arrête à Osaka. Je trouve terrible que l'homme, dans ce village qu'est devenue la planète, ne puisse plus s'échapper nulle part. J'ai eu pitié de Saddam Hussein lorsqu'il a été extirpé comme un rat du trou sous terre où le despote avait trouvé refuge. J'ai eu d'autant plus pitié de lui qu'il a été ensuite humilié devant la terre entière par ses geôliers, sous l'œil impitoyable d'une caméra, ce témoin, juge et bourreau du temps.&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Revenons à notre présumé pédophile. Deux extraits du communiqué d'Interpol après l'arrestation de Vico, avec mise en évidence des passages marquant pour moi la nouveauté du procédé :&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;« La coordination internationale mise en œuvre entre les services de police de trois continents a permis l’arrestation de Christopher Paul NEIL en Thaïlande seulement 10&amp;nbsp;jours après &lt;b&gt;l’appel à témoins lancé au niveau mondial&lt;/b&gt; par INTERPOL afin d’identifier un inconnu photographié en train d’abuser sexuellement de jeunes garçons. »&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;« Le 8 octobre, INTERPOL a lancé un &lt;b&gt;appel à témoins sans précédent au niveau mondial afin qu’on l’aide à identifier un inconnu&lt;/b&gt; qui apparaissait sur quelque 200 photos où on le voyait abuser sexuellement de mineurs. &lt;b&gt;Près de 400 personnes dans le monde ont répondu à cet appel&lt;/b&gt;, et cinq sources différentes ont désigné Christopher Paul NEIL comme susceptible d’être l’homme recherché. »&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Une première mondiale, je le disais. Là-dessus m'est venue l'idée géniale d'une deuxième expérience de ce type, dont le succès ne fait aucun doute, grâce à la dynamique mise en place par Interpol et la collaboration active, la vigilance du public. Alors voilà, j'ai décidé, pour le bien de l'humanité, de publier, en exclusivité mondiale, la photo inédite (défloutée par mes soins) d'un homme que, à tort où à raison, je crois assez nuisible et dont l'identification, l'arrestation, ensuite le jugement, devrait réjouir plus d'un citoyen de la planète Terre. Pour toute information, veuillez contacter YGOR YANKA à l'adresse mentionnée sous ma bobine.&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;center&quot;&gt;&lt;i&gt;(Click thumbnail to enlarge — cliquer sur la vignette pour agrandir)&lt;/i&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;center&quot;&gt;&amp;nbsp; &lt;a href=&quot;http://www.yankay.net/opus_xvii/images/ben_laden.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.yankay.net/opus_xvii/images/thumben.jpg&quot; id=&quot;media-616284&quot; alt=&quot;Unknown criminal&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.7em 0pt&quot; name=&quot;media-616284&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
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<title>Désolé, bergère...</title>
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<author>noreply@hautetfort.com (Ygor Yanka)</author>
<category>Banalités phénoménales</category>
<pubDate>Thu, 18 Oct 2007 22:45:00 +0200</pubDate>
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&lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.yankay.net/opus_xvii/images/bergere.jpg&quot; alt=&quot;Alina Reyes, bergère&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.7em 0pt&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;CETTE NOTE est à mettre en relation avec le point 3.11 (ajouté ce jour) de ma note &lt;a href=&quot;http://opusxvii.hautetfort.com/archive/2007/10/14/sous-le-pave-le-plagiat.html&quot; title=&quot;Sous le pavé le plagiat ?&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;i&gt;Sous le pavé le plagiat ?&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Désolé, bergère Alina Reyes... Vous aimez les moutons, même muets, plus que vous ne le pensez — ces douces, paisibles et affables bestioles qui viennent brouter dans votre main une herbe si tendre et fraîche ! Vous n'aimez pas les loups en vérité, sinon les loups de papier, qui ne mordent pas. Vous êtes, je crois bien (on vous l'a reproché), idéaliste. La nature, d'accord, mais sans les ronces, sans les orties, sans les remous du marigot, sans les espèces qui piquent, pincent, griffent, mordent, happent, soufflent, rotent, ruent, puent. Vous n'aimez la nature que propre, polie, aimable et toute bruissante du gazouillis des elfes. Werther le soupirant, au pied de son arbre, rêvait comme vous d'une nature débarrassée des fauves, de la vermine, des poisons — une nature idéalisée, bienveillante, accorte sous son plafond de nuages roses en tutu.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Je me suis surpris l'autre jour à penser que vous souffriez &lt;i&gt;peut-être&lt;/i&gt;, à l'égard de votre tortionnaire, le pourtant bien fade et incolore Haenel, du fameux syndrome de Stockholm. En somme, si les médias parlaient davantage de votre bouquin et un peu moins peut-être de celui de Haenel, vous ne trouveriez rien à redire. Vous l'écrivez vous-même d'ailleurs quelque part sur votre blog. Vrai ou faux ? Dans le titre même de votre premier article sur l'affaire, vous dénoncez l'omertà et ne parlez que plus loin du plag... du pillage, pardon. Pour vous, c'est donc l'omertà imposée sur votre bouquin qui s'avère le plus choquant. Libre à vous, bien sûr, d'enfiler le jupon (l'accessoire) par-dessus la robe (le principal). Concevez que cela puisse me surprendre, moi et d'autres, qui sait.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Syndrome de Stockholm, disais-je. Vos mails à Haenel, ceux du tout début du moins... Les découvrant, un mot m'est venu à la bouche : minauderies. Ce n'est pas un gros mot. J'ai même dit à ma femme quelque chose comme : « Ça fleure tout de même un peu la romance. » Et elle de me lancer un sec : « Pas du tout ! » qui me laissa perplexe une demi-seconde. Le « mouton muet » vous broute trois doigts et vous le rassurez : « Mais je vous aime beaucoup, vous et Meyronnis... » Et Sollers aussi, bien sûr, que vous aimez, lui, très fort. Doivent bien rire, rue Sébastien-Bottin... Je le vois d'ici, le Sollers, et l'autre demi-matou qui ronronne à ses pieds : « Merci, oh merci, Maître ! » Vous donnez cent preuves que ces soudards vous ont violée et vous restez bien calme, je trouve. Votre gentillesse, pardonnez-moi, confine à l'ingénuité. J'avais pourtant cru comprendre que vous aviez souffert, au point de tout fermer, site et blog — au point même de tuer Alina Reyes pour redevenir simplement Aline Nardone, comme à l'état-civil. Imaginez-vous Jules Romains signant désormais ses livres Farigoule, ou Jean Tenenbaum réenregistrant « Potemkine » ? Vous sortez donc, après de longs et douloureux mois, comme d'un hôpital où vous avez failli crever, de &lt;i&gt;Forêt profonde&lt;/i&gt;. Vous êtes, croit-on, guérie. Et voici que dans le parking même de l'hôpital, deux brutes avinées vous sautent dessus, vous violent, et... et... vous n'êtes pas si fâchée que ça, dans le fond, vous êtes seulement déçue que les gazettes n'en parlent pas ! Encore un peu et vous excusez vos agresseurs ! J'exagère, oui — mais tant que ça ?&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Il me semble que si on me faisait ce coup-là, c'est à coups redoublés de batte de base-ball dans les roustons que je règlerais l'affaire, au lieu de gémir un tout petit peu, avec trois larmes à l'œil pour ressembler à ces misérables portraits d'enfants tristes qui décorent les manteaux de cheminées chez les paysans. Vous n'étes pas méchante, je l'ai compris. On peut n'être pas méchant et le devenir avec la plus grande légitimité, selon la nature de l'offense, du crime dont on est la victime. Et, me semble-t-il, ce que Haenel vous a pris, c'est pire que son pucelage pour une gamine violée. Est-il un pire crime, pour un écrivain, que d'être violé psychiquement ? Qu'espérez-vous ? Régler ça à l'amiable ? Vous avez l'air d'attendre encore, et toujours, que Haenel reconnaisse enfin son forfait et bafouille une excuse — ou peut-être que Sollers, magnanime, le cœur fendu par vos douces et tièdes larmes, commande à ses amis trois jolis articles sur votre bouquin dans les gazettes où le potentat des lettres a ses entrées ?&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Asensio et moi avons été les premiers à prendre fait et cause pour vous et à nous démener de sorte que l'affaire soit connue du plus grand nombre. Je vous ai consacré un premier article, puis un second, enfin un troisième, très long, en guise de récapitulatif et de synthèse, qui m'a coûté des heures de travail. Je n'attendais pas spécialement que vous me récompensiez par un os. Vous m'avez remercié ici même à diverses reprises et j'étais content, comme d'un devoir accompli. Là-dessus vous commencez, sur votre blog, à remercier chaleureusement vos soutiens, des soutiens que je trouve, pardonnez-moi, bien peu bruyants, surtout comparés au mien, à celui de Juan : cinq ou dix lignes de réconfort par blog, pas davantage. Je commence à me poser des questions, naturellement. Qu'ai-je fait ou n'ai-je pas bien fait pour mériter cette ignorance au goût prononcé de dédain ? Je me dis : « Voilà. Comme je n'ai rien lu d'elle et que je ne suis donc pas suspect de l'admirer comme Dominique Autié ou le libraire Castelneau, je n'existe pas pour elle. » Tant pis, ma foi !... sauf que je déteste par-dessus tout consacrer des heures de peine pour défendre quelqu'un qui ne m'en sait pas gré. Je vous écris donc pour vous faire part de mon étonnement. Et vous me répondez quoi ? Que vous n'êtes pas bien sûr que je veuille vraiment défendre votre cause, que mon attitude est ambigüe, que j'ai mis des liens qui desservaient votre cause... Stupeur de ma part, et tremblements ! Vous ne semblez pas croire possible qu'on puisse ne pas être un lecteur de vos mirifiques œuvres et prendre à cœur votre affaire. Je me démène un peu trop à vos yeux pour être vraiment sincère. Et pourtant, ma chère... Voici ce que j'écrivais au Stalker : « Que l'accusé soit le poulain de Sollers n'est évidemment pas étranger à mon activisme, mais j'aurais agi de même si elle avait accusé le pape de lui avoir volé les motifs d'une encyclique. Bordel ! C'est une question de principe et voilà tout. Qu'elle soit femme, nègre ou youpin n'entre pas en considération. Ses arguments m'ont tout simplement convaincu. »&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Que vous dire de plus ? Peut-être pensez-vous que je cherche à faire reluire mon nom à la lumière du vôtre. Je vous le dis tout net : si mon nom doit reluire un jour, ce sera pour l'avoir astiqué tout seul. Je ne me plains pas d'être inconnu, puisque je ne fais rien, strictement rien, pour être connu. Quant à mon blog, je me fiche pas mal de son audience. Si je voulais « booster » son audience, je serais plus régulier dans mes notes (je peux rester deux mois sans rien écrire, et vous savez que c'est mortel pour un blog) ou je l'inscrirais partout où c'est possible. Si je me suis étonné que vous n'ayez pas jugé nécessaire de « linker » mes articles, ce n'est donc pas par déception de bloggeur délaissé, c'est par réaction d'homme secourable rebuté par la personne qu'il estimait de son devoir de secourir. Si je dois prendre des coups de parapluie sur la gueule de la part de la vieille dame que j'aide à se relever après une cabriole sur le trottoir, étonnez-vous que la prochaine fois je passe mon chemin...&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Je vous ai écris le 17 au matin un second mail demeuré vierge de toute réponse. Je pensais pourtant que vous haïssiez les lettres mortes. S'agissant de MA correspondance privée, et comme je ne révèle rien qui puisse vous nuire, je le donne ici pour couper cours à toute éventuelle rumeur que je serais un agent double, un infiltré du gang sollersien.&lt;/p&gt; &lt;blockquote&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Je ne suis pas assis bien haut, mais là, j'en tombe le cul par terre... Ambigu, moi ? Vous faire justice, c'est vous aider à confondre le plagiaire, non ? Est-ce ce qu'ont fait Dominique Autié ou Castelneau le libraire ? Ils n'ont fait que vous appuyer, l'un par amitié, l'autre par estime littéraire. Moi, je le fais gratuitement, sans rien penser de vous sur aucun plan, ni en bien, ni en mal, si ce n'est que je vous crois quand vous accusez Haenel, parce que je vous « sens » honnête (question d'instinct aussi). Mais soit, si vous préférez la blanche solitude...&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;Où voyez-vous que j'ai mis des liens qui pouvaient vous desservir ? J'ai mis des liens vers des sites qui parlent de l'affaire, pour informer le lecteur. C'est tout de même assez curieux que vos détracteurs soient tous issus de la presse de gauche très favorable à Sollers (Nouvels Obs, Le Monde, Courrier International). Cela tend à démontrer l'omertà que vous dénoncez, et dont je suis convaincu pour ma part. Il me semble que si on veut bien faire confiance aux lecteurs neutres et intelligents, ceux-ci comprendront tout de suite que cette affaire pue le complot, que vous n'êtes évidemment pas la has-been aigrie, jalouse, que voient en vous les Assouline et autres sagouins. En fait, mon tort dans cette affaire, à vos yeux, est de n'être pas un de vos lecteurs, soit un partisan d'Alina Reyes, quoi qu'elle écrive, chante ou danse.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Pour mon montage, c'est ironique, voyons ! Le gars pompe chez vous tous ses motifs ou peu s'en faut, si bien que vous êtes, à votre corps défendant, un peu l'auteur de &lt;i&gt;Cercle&lt;/i&gt;. Il faut voir ce montage comme une caricature, avec tout ce que la chose comprend d'exagéré. Personne ne croit évidemment que vous puissiez prétendre à être effectivement l'auteur de &lt;i&gt;Cercle&lt;/i&gt;, chose que vous ne revendiquez bien sûr pas.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;br /&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;Je ne vous en veux pas. N'empêche que je suis assez vexé de me voir taxé d'ambigüité. Pour une fois que je défends au lieu d'attaquer...&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;/blockquote&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt; &lt;blockquote&gt;Seule ou non, je vous souhaite de l'emporter... au Paradis, bien sûr !&lt;/blockquote&gt; &lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;Quand on ne répond pas à une question que je pose, je m'en pose tout de suite d'autres. J'ai eu beau refaire le tour du propriétaire, je n'ai pas trouvé un lien qui puisse desservir votre cause. Mon ambigüité, je la cherche partout et point ne la trouve. Donc, c'est autre chose. Une méfiance politique, peut-être ? Nous n'appartenons pas au même bord politique, je le sais. Ne le saurais-je pas que ce simple &lt;a href=&quot;http://bellaciao.org/fr/article.php3?id_article=35836&quot; title=&quot;Alina Reyes sur Bella Ciao danse le tango des Mutins de Panurge&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;article&lt;/a&gt; de votre plume me l'apprendrait. Vous êtes de gauche, voire un peu plus à gauche que ça, et moi de cette droite évidemment « dure » que vous haïssez de toutes vos fibres. Cela ne me dérange pas, que vous préfériez Besancenot à... disons de Villiers. Vous, par contre, cela semble considérablement vous déranger qu'un facho (ben oui, à droite, c'est des fachos) vole gratuitement au secours d'une écolo-bobo poignardée par les siens. Voilà pourquoi vous êtes méfiante à mon égard, voilà pourquoi vous me trouvez ambigu. Banco, non ? Dites... Si un jour un malfrat (basané peut-être, car ça arrive) cherche à vous piquer votre sac (avec dedans le manuscrit terminé de &lt;i&gt;Yannick m'a piller&lt;/i&gt; &lt;i&gt;!&lt;/i&gt;), vous prendrez sa défense contre le sale flic de droite qui volera à votre secours ?&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
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<title>Sous le pavé le plagiat ?</title>
<link>http://opusxvii.hautetfort.com/archive/2007/10/14/sous-le-pave-le-plagiat.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Ygor Yanka)</author>
<category>Banalités phénoménales</category>
<pubDate>Sun, 14 Oct 2007 11:05:00 +0200</pubDate>
<description>
&lt;p align=&quot;center&quot;&gt;&lt;b&gt;« Cercle » vicié ? — In omertà veritas ?&lt;br /&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.yankay.net/opus_xvii/images/alina_cercle.jpg&quot; alt=&quot;Alina-Reyes_Cercle.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.7em 0pt&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;u&gt;&lt;b&gt;Les protagonistes&lt;/b&gt;&lt;/u&gt; (notices biographiques de Wikipédia)&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.yankay.net/opus_xvii/images/yannick_haenel.jpg&quot; alt=&quot;Yannick Haenel&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0pt; float: left&quot; /&gt;&lt;b&gt;Yannick Haenel&lt;/b&gt; — Yannick Haenel est né en 1967, il a co-dirigé la revue &lt;i&gt;Ligne de risque&lt;/i&gt; à partir de 1997. Il est aussi professeur de français. Il a publié plusieurs romans, dont &lt;i&gt;Introduction à la mort française&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Évoluer parmi les avalanches&lt;/i&gt;, un essai sur les tapisseries de la Dame à la Licorne&amp;nbsp;: &lt;i&gt;À mon seul désir&lt;/i&gt;. Il a co-dirigé deux volumes d’entretiens&amp;nbsp;: &lt;i&gt;Ligne de risque&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Poker&lt;/i&gt;, entretiens avec Philippe Sollers. Yannick Haenel vient de publier dans la &lt;span class=&quot;new&quot;&gt;collection L'infini&lt;/span&gt;, dirigée par Philippe Sollers, &lt;i&gt;Cercle&lt;/i&gt; (éd. Gallimard), l'un des romans de la rentrée littéraire.&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.yankay.net/opus_xvii/images/alina_reyes.jpg&quot; alt=&quot;Alina Reyes&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0pt; float: left&quot; /&gt;&lt;b&gt;Alina Reyes&lt;/b&gt; — D'abord journaliste pigiste, Alina Reyes se consacre très rapidement à la littérature après un séjour d'un an à Montréal. Alina Reyes acquiert une certaine notoriété avec le succès de son premier roman &lt;i&gt;Le Boucher&lt;/i&gt; en 1988, traduit en plusieurs langues et adapté au théâtre. Comme dans &lt;i&gt;Le Boucher&lt;/i&gt;, ses nombreux romans ou essais sont l'expression d'un érotisme contemporain qui s'exprime de façon libre, spirituelle, anti-conformiste, ludique et parfois même politique comme dans &lt;i&gt;Moha m'aime&lt;/i&gt;. Elle vit entre Paris et les Pyrénées.&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;u&gt;&lt;b&gt;Les faits&lt;/b&gt;&lt;/u&gt;&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;b&gt;1° Actualité&lt;/b&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Fin août 2007 sortent simultanément (le même jour !) &lt;i&gt;Cercle&lt;/i&gt;, de Yannick Haenel (501 pages), chez Gallimard / Sollers, coll. L'Infini, et &lt;i&gt;Forêt profonde&lt;/i&gt;, d'Alina Reyes (376 pages), aux Éditions du Rocher.&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;b&gt;2° Rétroactes&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Trois années durant, sur son blog, Alina Reyes rédige des textes qui seront la matrice de son roman &lt;i&gt;Forêt profonde&lt;/i&gt;. Courant septembre 2007, elle se plonge dans la lecture de &lt;i&gt;Cercle&lt;/i&gt; et rapidement est la proie d'un malaise : le sentiment de plus en plus vif que l'auteur de &lt;i&gt;Cercle&lt;/i&gt; s'est « inspiré » largement de son propre travail, de sa propre matière, pour écrire son pavé. Elle écrit à l'auteur au fur et à mesure de sa lecture et celui-ci reste muet. Les semaines passent et Alina Reyes constate à l'égard de son roman (son meilleur, selon elle), une étrange omertà, tandis que le tambour médiatique résonne à plein pour le roman de Haenel, chouchou de Philippe Sollers. &lt;i&gt;Cercle&lt;/i&gt; figure dans les premières sélections pour les prestigieux prix Goncourt et Médicis. &lt;i&gt;Forêt profonde&lt;/i&gt; croupit.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;b&gt;3° Actes (Apocalypsis)&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;b&gt;3.1&lt;/b&gt; — Le 8 octobre, sur son blog &lt;a href=&quot;http://amainsnues.hautetfort.com/archive/2007/10/08/omerta-sur-un-livre-de-la-rentree.html&quot; title=&quot;Omertà sur un livre de la rentrée&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;À mains nues&lt;/a&gt;, ressuscité pour la cause, et sur &lt;a href=&quot;http://www.agoravox.fr/article_tous_commentaires.php3?id_article=30012&quot; title=&quot;Omertà sur un livre de la rentrée&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;AgoraVox&lt;/a&gt;, Alina Reyes dévoile le pot aux roses. Extrait : « J'ai écrit à plusieurs reprises à Yannick Haënel pour lui demander s'il était conscient ou non de ces emprunts, &lt;b&gt;sachant que les manuscrits d’Alina Reyes, y compris les premiers états de &lt;i&gt;Forêt profonde,&lt;/i&gt; ont été envoyés chez Gallimard&lt;/b&gt;. »&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;b&gt;3.2&lt;/b&gt; — Le 9 octobre, Pierrick « Moustache » Assouline, sur son blog hébergé par &lt;i&gt;Le Monde,&lt;/i&gt; publie un billet, &lt;a href=&quot;http://passouline.blog.lemonde.fr/2007/10/09/alina-reyes-accuse/&quot; title=&quot;Alina Reyes accuse&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;Alina Reyes accuse&lt;/a&gt;, où l'accusatrice est soupçonnée de paranoïa et renvoyée à ses profondeurs forestières. Extrait : « l’écrivain (...) doit impérativement produire les pièces de l’accusation : comparaison des passages, pertinence de la contrefaçon, etc. Sinon, c’est diffamation, calomnie et tutti quanti. &lt;b&gt;S’il s’avère que c’était le seul moyen de faire parler de &lt;i&gt;Forêt profonde&lt;/i&gt;, ça risque de lui coûter cher&lt;/b&gt;. » Les pièces de l'accusation fournies par Alina « Parano » Reyes (voir 3.3) sont passées sous silence par Assouline qui, par confraternité éditoriale (Assouline est publié chez Gallimard), introduit plus tard dans sa note un lien (voir 3.5) vers la réaction officielle de Yannick Haenel, et après quelques jours (le temps de la réflexion, celui du doute ?) consent enfin à mettre un lien vers la réponse de la bergère Reyes (voir 3.8) au loup Haenel sur Bibliobs.com.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;b&gt;3.3&lt;/b&gt; — Le 11 octobre, Juan Asensio, sur son blog Stalker, donne la parole à Alina Reyes (&lt;a href=&quot;http://stalker.hautetfort.com/archive/2007/10/10/quand-haenel-pature-reyes-par-alina-reyes.html&quot; title=&quot;Quand Haenel pâture Reyes&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;Quand Haenel pâture Reyes&lt;/a&gt;) et celle-ci livre sa version des faits, avec force et troublants détails mettant en lumière le pillage dont elle a fait l'objet. Extrait justifiant le titre : « Quelle mouche a donc piqué &lt;b&gt;ce mouton muet&lt;/b&gt;, Yannick Haenel, pour qu’il vienne brouter mes vertes prairies ? »&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;b&gt;3.4&lt;/b&gt; — Le même jour, assez convaincu par les arguments d'Alina Reyes, je publie un premier article ici même, intitulé &lt;a href=&quot;http://opusxvii.hautetfort.com/archive/2007/10/11/alina-reyes-contre-les-chacals.html&quot; title=&quot;Alina Reyes contre les chacals&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;Alina Reyes contre les chacals&lt;/a&gt;, avec image suggestive. Extrait : « Commence-t-on à comprendre ? &lt;b&gt;Haenel, auteur diffus et apparemment peu scrupuleux&lt;/b&gt;, puise avec largesse et totale absence de honte dans le vivier mental d'Alina Reyes et fait de cette matière, à peine remixée, un livre que publie Sollers avec les sous, la caution, l'aval et tout le tralala publicitaire de Gallimard. »&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;b&gt;3.5&lt;/b&gt; — Tandis que je rédige l'article susdit, Yannick Haenel, alerté par une amie (Pierrette Assouline ?) répond à Alina Reyes sur Bibliobs.com (article daté du 10 octobre) : &lt;a href=&quot;http://bibliobs.nouvelobs.com/2007/10/11/son-comportement-releve-de-la-calomnie&quot; title=&quot;Son comportement relève de la calomnie&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;Son comportement relève de la calomnie&lt;/a&gt;. Extrait : «&amp;nbsp; Autrement dit, elle se sert de &lt;b&gt;mon roman&lt;/b&gt; pour essayer de faire parler du sien. »&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;b&gt;3.6&lt;/b&gt; — Le 11 octobre, publication de la seconde et dernière (?) liste des livres sélectionnés pour le Prix Médicis du roman. &lt;i&gt;Cercle&lt;/i&gt;, de Yannick Haenel, y figure. Le livre figurait dans la première sélection pour le Goncourt, mais a été exclu de la seconde dès le 2 octobre (aucun ouvrage publié par Gallimard n'a survécu).&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;b&gt;3.7&lt;/b&gt; — Le 12 octobre, sur ce blog, en réaction à la mise au point de Yannick Haenel, je consacre à l'affaire &lt;a href=&quot;http://opusxvii.hautetfort.com/archive/2007/10/12/alina-reyes-contre-les-chacals-2.html&quot; title=&quot;Alina Reyes contre les chacals (2)&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;un second article&lt;/a&gt;. Extrait : « (...) pourquoi est-il fait un si grand tintouin autour du roman de Haenel, dont le moins qu'on puisse dire est qu'il semble exciter plus de sarcasmes que de louanges, sauf, bien entendu, chez les cobras hypnotisés par le charmeur Sollers ? Parce que &lt;b&gt;si Sollers décide de sortir à la rentrée littéraire un pesant volume de 500 pages écrit par son disciple, ce n'est pas pour qu'il croupisse dans l'ombre du roman d'une quelconque Alina Reyes&lt;/b&gt;. D'où le soupçon légitime d'Alina : on ne parle pas de son livre en raison d'une omertà, et non d'une indifférence esthétique. »&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;b&gt;3.8&lt;/b&gt; — Le même jour, sur Bibliobs.com, réponse d'Alina Reyes à la mise au point de Yannick Haenel : &lt;a href=&quot;http://bibliobs.nouvelobs.com/2007/10/12/que-resterait-il-de-votre-livre-sans-ce-pillage&quot; title=&quot;Que resterait-il de votre livre sans ce pillage ?&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;Que resterait-il de votre livre sans ce pillage ?&lt;/a&gt; Extrait : « &lt;b&gt;Ce livre&lt;/b&gt;, votre livre, &lt;b&gt;a été élaboré pour faire un coup&lt;/b&gt;, le coup de la rentrée dont vous rêviez, vous qui avec Meyronnis jalousez tant Houellebecq et Littell. Et par la même occasion, mettre le mien, &lt;i&gt;Forêt profonde&lt;/i&gt;, le pillé, qui était gênant, dans l'ombre. Si je me trompe, dites-le moi ! »&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;b&gt;3.9&lt;/b&gt; — Le 13 octobre, sur son &lt;a href=&quot;http://amainsnues.hautetfort.com/&quot; title=&quot;À mains nues&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;blog&lt;/a&gt;, Alina Reyes entreprend un relevé systématique et thématique des motifs empruntés par Haenel à son univers.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;b&gt;3.10&lt;/b&gt; — Le 15 octobre, article cinglant de Jean-Louis Cloët dans la Revue Polaire (&lt;a href=&quot;http://utopiktulkas.free.fr/polaire/spip.php?article54&quot; title=&quot;De la récupération...&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;De la récupération considérée comme un des beaux-arts&lt;/a&gt;, sous-titré : &lt;i&gt;Poupée du PAF, Monsieur Philippe Sollex fait ses adieux à la scène…&lt;/i&gt; Extrait : « &lt;b&gt;Haenel&lt;/b&gt; s'est spécialisé dans la lingerie fine, et les différentes parties — vénitiennes ou pas, vénériennes ou non — qui s'y associent. &lt;b&gt;N'ayant guère d'imagination&lt;/b&gt; dans la matière, paraît-il, &lt;b&gt;il paraît qu'il ne dédaignerait pas d'aller chercher des idées chez ses collègues qui ont plus de pratique et d'expérience que lui&lt;/b&gt;. » (Merci au Stalker pour ce lien).&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;b&gt;3.11&lt;/b&gt; — Le 17 octobre, tout de même assez surpris que, tandis qu'elle remercie Pierre, Paul, Jacques et toute leur famille pour leur soutien, à aucun endroit Alina Reyes ne mentionne mon nom ou l'existence de ce blog, je l'interroge par mail et reçois d'elle la stupéfiante réponse suivante (que je résume avec ses mots à elle) : «&amp;nbsp; Je sens de plus en plus que je dois me battre seule... Je ne pense pas que vous vouliez vraiment me défendre. &lt;b&gt;Votre façon de procéder est très ambiguë&lt;/b&gt;... » À mon second mail de protestation (courtoise), Alina Reyes n'a pas daigné répondre (vous vous souvenez qu'elle se plaint que Haenel n'ait pas non plus répondu à ses différents mails). J'ai par conséquent choisi de ne plus la soutenir qu'en silence. Quand la dame dont la maison brûle passe son temps à remercier la terre entière mais pas (ou si peu) l'un des premiers pompiers arrivés sur les lieux du sinistre, pompier auquel, au surplus, elle reproche de porter une veste d'une couleur qu'elle déteste, vous comprendrez aisément que celui-ci abandonne sa lance et croise les bras, tout en regardant, sans mot dire, sans joie ni colère, plutôt avec tristesse, la maison se consumer.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;b&gt;4° Miscellanea &amp;amp; curiosa&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;b&gt;4.1&lt;/b&gt; — Alina Reyes n'a pas poursuivi sa lecture du roman de Haenel. Elle apprendra par le biais d'une critique de &lt;i&gt;Cercle&lt;/i&gt; sur le Web, qu'un personnage du livre se nomme Anita Dark, reine du X, dont Alina se demande : « le côté obscur de la force d’Alina Reyes ? » Les prénoms sont étrangement proches : Alina / Anita. &lt;i&gt;Reyes&lt;/i&gt; en espagnol signifie &lt;i&gt;rois&lt;/i&gt;, et si Anita Dark, dans le roman de Haenel (à considérer que ce soit bien le sien) est la &lt;i&gt;reine du X&lt;/i&gt;, Alina Reyes a débuté en fanfare sa carrière d'écrivain par un roman érotique, &lt;i&gt;Le boucher&lt;/i&gt;, que suivront d'autres livres qui lui vaudront d'être considérée un peu comme la &lt;i&gt;reine de l'érotisme&lt;/i&gt; contemporain en littérature (voir la notice biographique d'Alina sur Wikipédia).&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;b&gt;4.2&lt;/b&gt; — L'affaire s'internationalise avec un article (13 octobre) en néerlandais sur le blog &lt;i&gt;De papieren man&lt;/i&gt; du belge Dirk Leyman : &lt;a href=&quot;http://papierenman.blogspot.com/2007/10/alina-reyes-schopt-wild-om-zich-heen.html&quot; title=&quot;Alina Reyes schopt wild om sich heen&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;Alina Reyes schopt wild om sich heen&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;b&gt;4.3&lt;/b&gt; — Un cow-boy du nom de Benoît Delmas, sur son blog Western Culturel (hébergé par &lt;i&gt;Courrier International&lt;/i&gt;) vide son chargeur sur Alina Reyes : &lt;a href=&quot;http://lewesternculturel.blogs.courrierinternational.com/archive/2007/10/09/alina-reyes-accuse-yannick-ha%C3%ABnel-de-plagiat.html&quot; title=&quot;Alina Reyes sombre dans la paranoïa&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;Alina Reyes sombre dans la paranoïa&lt;/a&gt;.&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;b&gt;4.4&lt;/b&gt; — Le libraire (et auteur) Philippe Castelneau, sur son blog, prend (le 12 octobre) le parti d'Alina Reyes : &lt;a href=&quot;http://castelneau.canalblog.com/archives/2007/10/12/6512602.html&quot; title=&quot;Castelneau soutient Reyes&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;ici&lt;/a&gt;. Intéressant dans la mesure où Philippe Castelneau a lu et apprécié les deux romans. Il réitère d'ailleurs son opinion sur &lt;i&gt;Forêt profonde&lt;/i&gt; : « ... le dernier et sublime livre d'Alina Reyes... LE livre de la rentrée, celui dont personne ne parle mais le seul aussi peut-être qui mérite d'être lu... » On lira avec profit sa critique (avec extraits) de &lt;a href=&quot;http://castelneau.canalblog.com/archives/2007/08/23/5977023.html&quot; title=&quot;Castelneau lit Forêt profonde&quot;&gt;Forêt profonde&lt;/a&gt; (23 août) et celle de &lt;a href=&quot;http://castelneau.canalblog.com/archives/2007/09/21/6288703.html&quot; title=&quot;Castelneau lit Cercle&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;Cercle&lt;/a&gt; (21 septembre). On notera, pour l'ironie de la chose, que Reyes ici aussi précède Haenel, comme l'original précède la copie.&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;b&gt;5° Et la critique, bordel ?&lt;/b&gt;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;Je me bornerai à recenser quelques critiques des deux livres parues sur le Web.&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;b&gt;5.1&lt;/b&gt; — Le 5 septembre, sur son blog Les carnets de JLK, Jean-Louis Kuffer « répond » à Alina Reyes (&lt;a href=&quot;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/archive/2007/08/23/ecrire-sur-du-sable.html&quot; title=&quot;Écrire sur du sable&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;Écrire sur du sable&lt;/a&gt;) sur le thème « La blogosphère, c'est l'infini à la portée des rats ». Extrait : « &lt;i&gt;Forêt profonde&lt;/i&gt; est un livre émouvant et passionnant à divers égards, dont le mélange de désarroi et de désespoir, et la force d’expression, la vitalité, l’intelligence, la poésie de sa ressaisie littéraire, composent un mélange détonant, pure émanation d’époque. » Ceux qui le connaissent savent que Jean-Louis Kuffer est un redoutable lecteur et un homme dont je qualifierai le goût de sûr. Le 12 octobre, relisant son texte, je me suis fendu d'un commentaire : « Singulier de relire ceci avec l'affaire de plagiat dont Alina Reyes semble la victime assez peu consentante... » Le 13, JLK me répond : «&amp;nbsp; Déraillez-vous complètement, vous et Asensio ? Avez-vous lu &lt;b&gt;&lt;i&gt;Cercle&lt;/i&gt;&lt;/b&gt; de Yannick Haenel ? Pour ma part, je n'en ai lu depuis hier que cinquante pages, qui me semblent &lt;b&gt;le sommet de la niaiserie chic et du cliché choc&lt;/b&gt;. Défendre Alina est certes chevaleresque, mais de quoi parle-t-on ? Quels sont les passages incriminés ? Ce livre me semble un collage de références sur un fond de vacuité élégante, dont la première scène des feuilles jetées au vent par celui qui a décidé de rompre d'avec sa &lt;i&gt;via smarrita&lt;/i&gt; est déjà un cliché et un pastiche. J'y ai cru sur quelques pages et l'écriture a des qualités de vivacité, mais pour dire et pour chanter quoi ? O Joie ! O moi ! O mon cher Moi plein de Joie ? O mon corps ! O la corporéité corporale de mon corps ! Ce genre de choses. Et n'est-ce pas une niaiserie de plus de ferrailler contre un tel sac de bourre ? » Et ma réponse : « Mon cher Jean-Louis... Le sac de bourre est véhiculé par un certain potentat du nom de Philippe Sollers. Connaissez-vous ? Trouvez-vous niais (ou vain, peut-être) de ferrailler contre son système, comme Jourde a pu le faire et continue de le faire ? Moi, pas. Je n'ai lu aucun des deux romans, mais je suis convaincu par la démonstration d'Alina et séduit par la manière assez peu hargneuse dont elle défend sa cause. »&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;b&gt;5.2&lt;/b&gt; — Le 26 septembre, sous le titre &lt;a href=&quot;http://www.parutions.com/index.php?pid=1&amp;amp;rid=1&amp;amp;srid=121&amp;amp;ida=8498%20&quot; title=&quot;Le paysan de Paris-Plage&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;Le paysan de Paris-Plage&lt;/a&gt;, Jean-Laurent Glémin, sur Parutions.com, se livre à une descente en vrille de &lt;i&gt;Cercle&lt;/i&gt;. Extraits : « &lt;span class=&quot;L_ARTICLE&quot;&gt;(...) &lt;b&gt;un magma&lt;/b&gt; inconsistant de métaphores vaseuses, de narcissisme assumé, mais surtout un manque d’originalité qui se plante dans un décor qui se voudrait neuf (...) » —&lt;/span&gt; « &lt;span class=&quot;L_ARTICLE&quot;&gt;Propos emphatiques, lyrisme de pacotille, pathos grand-guignolesque, métaphores fumeuses, snobisme littéraire, descriptions érotiques sans intérêt, voyage initiatique bobo-pathos... »&lt;/span&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;b&gt;5.3&lt;/b&gt; — L'opinion d'un lecteur (Nolde) de &lt;i&gt;Cercle&lt;/i&gt; sur &lt;a href=&quot;http://www.amazon.fr/Cercle-Yannick-Haenel/dp/207077600X/ref=sr_1_1/171-4163719-0521049?ie=UTF8&amp;amp;s=books&amp;amp;qid=1192328980&amp;amp;sr=1-1&quot; title=&quot;Nolde défonce le Cercle vicié&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;Amazon.fr&lt;/a&gt; (1 octobre) : « ... dans ce gros livre, il ne sait pas construire, diriger son narrateur, son double, et surtout il dissout son talent dans des imitations pastiches, enchevêtrement de réminiscences, lectures des Surréalistes, d'Aragon, Desnos, Breton, se veut épiphanique et joycien, prend des tics sollersiens, se pète la tête avec sa bibliothèque, avec ivresses verbales fignolées, digressions ; il divague, buissonne, s'amuse, en fait des tonnes, bavarde avec une volonté de séduire et de charmer qui lasse un peu. il est en danger d'être écrabouillé par ses admirations ; un peu &lt;b&gt;Narcisse en goguette&lt;/b&gt;. Ses premiers textes avaient des étincelles plus pures. L'envie, sans doute, d'écrire un énorme livre d'automne rafleur de prix pour l'épate... »&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;b&gt;5.4&lt;/b&gt; — Le 30 août, article d'Éric Loret sur &lt;i&gt;Cercle&lt;/i&gt; dans &lt;i&gt;Libération&lt;/i&gt; : &lt;a href=&quot;http://www.liberation.fr/culture/livre/275054.FR.php?rss=true&quot; title=&quot;Les ailes du désir&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;Les ailes du désir&lt;/a&gt;. Extrait : « Avec sa forte écriture et sa belle inquiétude, le troisième roman de Yannick Haenel pèche cependant parfois par une forme un peu démonstrative, brodant sur &lt;b&gt;les vieilles lunes sollersiennes&lt;/b&gt; et les collant dans une dialectique où la centaine de pages berlinoises représente la nécessaire négation avant la synthèse. »&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;b&gt;5.5&lt;/b&gt; — Laurent Wolf, dans le journal suisse &lt;i&gt;Le Temps&lt;/i&gt;, ne loue pas trop &lt;i&gt;Cercle&lt;/i&gt; (&lt;a href=&quot;http://www.letemps.ch/livres/Critique.asp?Objet=5417&quot; title=&quot;Le réveil d'un homme&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;Le réveil d'un homme&lt;/a&gt;) : (extrait) « Cette aventure du regard renouvelé, des mots réentendus et donc réinventés ne va pas toujours aussi profond qu'elle ne le croit. Car elle se déploie dans le monde plutôt stéréotypé des Parisiens cultivés, les mêmes endroits, les mêmes auteurs, les mêmes humeurs. L'écriture de Yannick Haenel est raffinée, subtile, capable de faire voir qu'elle se fait, qu'elle se construit au cours des pages. Trop raffinée pourtant, elle s'écoute. Trop coquette avec elle-même, elle laisse passer &lt;b&gt;des rythmes à répétition, quelques tics embarrassants&lt;/b&gt;. On a crié au génie, du moins dans certains journaux. C'est trop dire. &lt;i&gt;Cercle&lt;/i&gt; est un livre assez savant dans son usage des références et des échos littéraires, agréable aussi, mais très long, et il aurait fallu qu'un éditeur exigeant le dise à l'auteur pour qu'il en coupe au moins un quart. »&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;b&gt;5.6&lt;/b&gt; — Dans Le Mague, Frédéric Vignalevitch encense &lt;i&gt;Forêt profonde&lt;/i&gt; : &lt;a href=&quot;http://www.lemague.net/dyn/spip.php?article3599&quot; title=&quot;Une rentrée littéraire profonde et haletante avec Alina Reyes&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;Une rentrée littéraire profonde et haletante avec Alina Reyes&lt;/a&gt;. Extrait : « On ne le dit pas assez — car les grands médias, trop futiles, incultes et à l’affût du sensationnel lui préfèrent la folie d’Amélie Notomb ou l’hystérie de Christine Angot — mais &lt;b&gt;Alina Reyes est très certainement l’un des meilleurs écrivains français vivants&lt;/b&gt;. » — « &lt;b&gt;&lt;i&gt;Forêt profonde&lt;/i&gt; est la plus belle des métaphores féminines&lt;/b&gt;, c’est un voyage au coeur de la cosmogonie intérieure, caverneuse, la divulgation pudique de la plus ravissante des cavernes ourlées. » — À noter que Le Mague avait, dès le 8 octobre, &lt;a href=&quot;http://www.lemague.net/dyn/spip.php?article3997&quot; title=&quot;Le Mague avec Alina Reyes&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;relayé&lt;/a&gt; l'article d'Alina Reyes paru sur AgoraVox. Présentation de Frédéric Vignalevitch : « Nous relayons ici un article en forme de coup de gueule et de révolte de notre chère Aline Nardone qui écrivit longtemps sous le nom d’Alina Reyes dont nous avons tant aimé le dernier livre &lt;i&gt;Forêt profonde&lt;/i&gt; — qui a été &lt;b&gt;injustement boycotté par la presse en cette rentrée littéraire 2007&lt;/b&gt;. Selon toute vraisemblance, &lt;i&gt;Forêt profonde&lt;/i&gt; a été pillé par un autre écrivain de manière assez cynique et abjecte et cela explique son Omerta dans le milieu littéraire. Affaire à suivre&amp;nbsp;!! »&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;b&gt;5.7&lt;/b&gt; — Le 24 octobre, article signé Jean-Louis Kuffer, &lt;a href=&quot;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/archive/2007/10/24/le-cercle-des-niaiseux.html&quot; title=&quot;Le Cercle des niaiseux&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;Le Cercle des niaiseux&lt;/a&gt;, sur son blog Les carnets de JLK. Extrait : «&amp;nbsp; Rien que de convenu, rien que de &lt;b&gt;pseudo-rimbaldien&lt;/b&gt;, rien que de &lt;b&gt;sous-sollersien&lt;/b&gt; dans la conjonction d’un &lt;b&gt;hédonisme de pacotille&lt;/b&gt; et d’un usage germanopratin de la semi-culture. Cela se veut alerte, ouvert, oui-disant et dansant, mais sans quitter la manière du petit marquis... » Il s'agit, on l'aura compris, d'une critique de &lt;i&gt;Cercle&lt;/i&gt;.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;À compléter et à suivre... &amp;nbsp;&lt;/div&gt;
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<title>Alina Reyes contre les chacals (2)</title>
<link>http://opusxvii.hautetfort.com/archive/2007/10/12/alina-reyes-contre-les-chacals-2.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Ygor Yanka)</author>
<category>Banalités phénoménales</category>
<pubDate>Fri, 12 Oct 2007 11:50:00 +0200</pubDate>
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&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://opusxvii.hautetfort.com/media/01/00/5118c4bc5afba0171567a34530c840b5.jpg&quot; id=&quot;media-598110&quot; title=&quot;Plagiat&quot; alt=&quot;5118c4bc5afba0171567a34530c840b5.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.7em 0pt&quot; name=&quot;media-598110&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;AU MOMENT OÙ je publiais la note précédente, Yannick Haenel faisait paraître sur Bibliobs.com une &lt;a href=&quot;http://bibliobs.nouvelobs.com/2007/10/11/son-comportement-releve-de-la-calomnie&quot; title=&quot;Son comportement relève de la calomnie&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;mise une point&lt;/a&gt; relayée sans délai, et peut-être sur commande, par Petrus Assouline. Ce dernier, bien entendu, se garde de signaler à ses lecteurs l'existence des pièces de l'accusation, pièces par lui exigées pourtant et fournies par Alina Reyes chez le Stalker. Les deux parties n'étant pas traitées équitablement, j'ai jugé bon de laisser chez Assouline ce commentaire (le 61ème dans l'ordre) qui risque peu d'apparaître, vu que je ne manipule pas la brosse à faire reluire le poil des chacals, en plus de mentionner le nom très honni du Stalker. Voici mon commentaire :&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt; &lt;blockquote&gt; &lt;p&gt;Assouline, vous n'êtes pas honnête. Vous demandez à Alina Reyes de « produire les pièces de l'accusation », ce qu'elle fait sur le blog du Stalker, et vous taisez soigneusement cette information, tout en interdisant à la dame l'accès à vos commentaires ici, si bien qu'elle ne peut, elle, se défendre contre les accusations de paranoïa, de calomnie et de diffamation que vous portez contre elle. Comme elle ne réagit plus, vos lecteurs pensent que vous l'avez mouchée, alors que vous l'avez simplement bâillonnée. Par contre, vous n'hésitez pas à mettre en lien la réponse de Haenel, par évidente complicité : vous et lui avez le même éditeur, et pas n'importe quel éditeur, mais le puissant Gallimard. La moindre des choses serait de traiter équitablement les deux parties, de permettre à vos lecteurs de se faire une idée à travers les pièces du dossier et non plus à travers votre seul jugement qui, ne vous en déplaise, ressemble fort à une exécution sommaire.&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt; &lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;La mise au point de Yannick Haenel sur Bibliobs.com est précédée d'un chapeau où je décèle déjà plus un mensonge qu'une erreur : Alina Reyes ne reproche pas à Haenel d'avoir lu trop attentivement son roman &lt;i&gt;Forêt profonde&lt;/i&gt;, puisque celui-ci n'existait pas encore pendant que Haenel écrivait &lt;i&gt;Cercle&lt;/i&gt;, mais d'avoir éhontément puisé dans la matière, exposée sur le Net trois années durant, dont Alina Reyes a fait &lt;i&gt;Forêt profonde&lt;/i&gt;. Haenel ignorait sans doute, rédigeant son pensum, que de son côté, avec la même matière, sa matière à elle, Alina Reyes rédigeait un roman. On peut tout de même concevoir l'amertume d'un auteur qui, son livre à peine sorti, retrouve ses motifs exploités dans le livre du poulain préféré de Sollers, livre tout de suite retenu dans la sélection préliminaire pour le Goncourt, tandis que le roman original d'Alina Reyes est curieusement, semble-t-il, ostracisé par les médias, ignoré par les libraires et relégué par la FNAC dans un rayon inapproprié. Il est possible évidemment que le roman d'Alina Reyes passe inaperçu du fait du nombre incroyable de romans sortis, ou manque de quoi exciter la verve des critiques. Mais alors pourquoi est-il fait un si grand tintouin autour du roman de Haenel, dont le moins qu'on puisse dire est qu'il semble exciter plus de sarcasmes que de louanges, sauf, bien entendu, chez les cobras hypnotisés par le charmeur Sollers ? Parce que si Sollers décide de sortir à la rentrée littéraire un pesant volume de 500 pages écrit par son disciple, ce n'est pas pour qu'il croupisse dans l'ombre du roman d'une quelconque Alina Reyes. D'où le soupçon légitime d'Alina : on ne parle pas de son livre en raison d'une omertà, et non d'une indifférence esthétique. Là où on est tenté de lui donner raison, c'est en constatant que toute la clique journalistique pro-Sollers manifeste une prompte et curieuse virulence à l'endroit, non du supposé plagiaire, mais de la plaignante qui, elle, expose sa cause avec plus d'agacement que de colère. Assouline (&lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;) la traite de paranoïaque et lui suggère de consulter un psychologue, en plus de brandir le spectre ignoble d'une plainte en calomnie et diffamation. Benoît Delmas, sur son blog Western Culturel (hébergé par &lt;i&gt;Courrier International&lt;/i&gt;), &lt;a href=&quot;http://lewesternculturel.blogs.courrierinternational.com/archive/2007/10/09/alina-reyes-accuse-yannick-ha%C3%ABnel-de-plagiat.html#comments&quot; title=&quot;Alina Reyes sombre dans la paranoïa&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;exécute&lt;/a&gt; en dix courtes lignes Alina Reyes : elle sombre dans la paranoïa, son accusation est grotesque (mais comment le sait-il ?), elle n'a « jamais marqué les esprits par son talent littéraire » (est-ce le sujet ?), est, pour conclure, une imbécile que le plumitif Delmas, après avoir lancé une fleurette à Pier-Paolo Assouline pour son « pertinent blog », conseille à Haenel d'oublier en vidant un whisky à sa santé (sa santé mentale à Alina, que l'on devine déficiente). Et pour conclure, à moins qu'il n'y en ait d'autres, la mise au point de Haenel sur Bibliobs.com (&lt;i&gt;Le Nouvels Obs&lt;/i&gt;).&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Outre l'omertà, que l'on observe sans pouvoir la prouver et que l'on ne peut briser qu'en parlant, l'affaire tourne donc autour de l'idée de plagiat, non d'une œuvre, mais de l'imaginaire d'un auteur, une sorte de viol psychique, en somme. Haenel évidemment s'insurge, après avoir feint de croire qu'Alina lui reproche d'avoir lu trop attentivement son livre. Le problème est que Haenel ne semble pas s'être inspiré en empruntant des thèmes généraux à Alina Reyes, mais en se servant de la matière brute exposée trois ans durant sur le blog de son accusatrice. Les motifs dont l'emprunt est reproché à Haenel sont plus précis qu'il ne veut l'admettre, comme le démontre Alina dans son article chez le Stalker. Ils sont si nombreux et si précis qu'ils donnent le vertige. Il ne s'agit pas uniquement d'oiseaux, de loups, d'amour, de fleurs ou de Paris, mais de motifs souvent utilisés par Alina Reyes, qui ne sont la trame de ses livres que parce qu'ils sont la trame de sa vie, et qu'elle expose dans divers livres. Je ne sache pas que Yannick Haenel fasse de la danse, ni qu'il porte volontiers une certaine robe coquelicot avec des bas mauves. Alina évoque aussi des lieux que l'on retrouve tels quels dans &lt;i&gt;Cercle&lt;/i&gt;, jusqu'à deux noms de bistrots cités par Alina dans de précédents ouvrages, sans oublier le recours à des gravures de Dürer (trois chez Reyes, une chez Haenel). L'excès de coïncidences abolit tout hasard. D'autant que ce n'est pas uniquement pour ce livre-là qu'Alina Reyes se plaint. Si des thèmes identiques ou connexes sont inévitablement partagés par beaucoup d'écrivains, il s'agit en général de thèmes globaux : l'inceste, l'enfance, la folie, la guerre, etc., et non de motifs aussi précis que, par exemple, une tapisserie exposée au musée de Cluny (un roman d'Alina Reyes paru en avril 2004 est entièrement brodé autour de la &lt;i&gt;Dame à la licorne&lt;/i&gt;, et cette tapisserie a fait l'objet d'un livre de Haenel paru, lui, en mars 2005).&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;L'affaire ne devrait pas en rester là. Alina Reyes semble peu soucieuse de porter l'affaire devant les tribunaux : elle n'en a ni l'envie, ni les moyens — mais son éditeur, les Éditions du Rocher ?&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;PS — Comme prévu, Piotr Assouline n'a pas publié mon commentaire. La vérité sur cette affaire intéresse décidément peu ce petit monsieur, ce piètre journaliste et ce piètre écrivain.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
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<title>Alina Reyes contre les chacals</title>
<link>http://opusxvii.hautetfort.com/archive/2007/10/11/alina-reyes-contre-les-chacals.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Ygor Yanka)</author>
<category>Banalités phénoménales</category>
<pubDate>Thu, 11 Oct 2007 21:01:36 +0200</pubDate>
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&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://opusxvii.hautetfort.com/media/02/02/feffa96c0e5fc786b3dbe53e6e7e15c2.jpg&quot; id=&quot;media-597113&quot; alt=&quot;feffa96c0e5fc786b3dbe53e6e7e15c2.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.7em 0pt&quot; name=&quot;media-597113&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;JE CONFESSE n'avoir jamais lu d'Alina Reyes le moindre livre. Je la connais un peu via son défunt blog. Je n'ai jamais éprouvé le besoin d'exercer sur elle mes crocs jaunes de rat. Elle me semble, humainement, sympathique. Outre la pratique des belles-lettres, nous avons en commun elle et moi de préférer toujours la nature à ce truc-machin granguignolesque : la Littérature.&amp;nbsp; Et voici, la pauvre, que la littérature semble avoir décidé de lui jouer un très pendable tour sous la double forme d'une omertà et d'un « plagiat » (les guillemets, parce que la plaignante se refuse à employer ce terme pour décrire ce qui, au vu des éléments fournis, pue le plagiat à plein nez).&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Trois années durant, Alina Reyes a tenu sur son blog un journal qui a été la matrice d'un roman publié depuis aux Éditions du Rocher: &lt;i&gt;Forêt profonde&lt;/i&gt;. Jusque-là tout va bien. Dans le même temps, chez Gallimard, l'épicier très connu (et ex-éditeur d'Alina Reyes), sortait un épais — et, semble-t-il, indigeste – roman intitulé &lt;i&gt;Cercle&lt;/i&gt;, signé Yannick Haenel. L'affaire se corse quand, courant septembre, la bénévole Alina, mettant tout son cœur à l'ouvrage, se plonge dans la lecture de &lt;i&gt;Cercle&lt;/i&gt; et découvre, stupéfaite, que son auteur semble s'être, lui aussi, surabondamment inspiré des travaux préliminaires qui ont donné &lt;i&gt;Forêt profonde&lt;/i&gt;. Les preuves qu'elle donne du forfait sont accablantes pour Haenel, pour Gallimard en général et pour Sollers (!) en particulier (le livre de Haenel est paru dans la collection L'Infini, dirigée, ou plutôt régenté par celui qu'un facétieux ami à moi nomme avec une grande justesse « le doge de la bêtise »).&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Curieusement (et c'est le seul reproche que je ferai à la dame), Alina Reyes se plaint plus de l'omertà exercée contre elle par les médias en cette —&amp;nbsp; fastidieuse, monotone, ploum-ploumesque — rentrée littéraire (on sait que le Doge a de puissants relais dans la presse) que des « emprunts » à son imaginaire, emprunts que, moi, j'appelle un plagiat, ni plus, ni moins, quoi qu'en pense la maussade bourrique Assouline qui, sur son blog, soupçonne Alina Reyes de paranoïa et souffle, entre les quatre poils et demi de sa moustache moisie, deux mots terrifiants pour elle : diffamation et calomnie (il ajoute, magnanime, &lt;i&gt;et&lt;/i&gt; &lt;i&gt;tutti quanti&lt;/i&gt;, mais l'expression ne fait frémir personne). Pietro Assouline publie, faut-il le rappeler ? chez Gallimard.&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;À lire Peter Assouline sans avoir lu la défense d'Alina Reyes, on songe tout de suite au classique ressentiment d'un auteur dont l'étoile a pâli et qui voudrait tant briller encore, ou à défaut, qu'un quelconque petit critique même chauve et Moldave écrive au moins dix lignes sur son bouquin, quoi, merde ! Alina Reyes = has been aigrie, pour résumer. Par cette polémique, elle qui les déteste à mourir et qui me semble douce, sinon aimable, Alina Reyes chercherait à (re)faire parler d'elle via son livre, un livre qui, ouin ! semble voué, au mieux, à satisfaire l'équilibre précaire d'une chaise estropiée, vu que personne n'en parle (tandis qu'on parle beaucoup de &lt;i&gt;Cercle&lt;/i&gt;, qui fut dans la première sélection pour le Goncourt). Eh bien, moi, je ne crois pas qu'Alina Reyes ait lancé cette affaire pour (re)faire parler d'elle. Sa défense a des accents de sincérité auxquels je crois. De plus, elle-même donne les raisons de cette omertà, raisons lugubres :&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;« &lt;span class=&quot;article_texte&quot;&gt;En vérité, tout ceci tient à des questions d’ordre privé. Or, je ne pense pas que, pour des questions d’ordre privé, un éditeur ait le droit de manipuler la presse afin de promouvoir un livre et d’en éliminer un autre », écrit Alina Reyes, comme à contrecœur.&amp;nbsp; Et d'ajouter : «&lt;/span&gt; &lt;span class=&quot;article_texte&quot;&gt;La vérité c’est que tout ceci tient à des questions d’ordre privé entre Philippe Sollers, l’éditeur de Yannick Haenel, et moi. J’ai longtemps parlé par mail à Sollers, et il m’a répondu à travers des livres, entre autres celui de Haënel, qui lui a en même temps servi de contrefeu au mien. »&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Commence-t-on à comprendre ? Haenel, auteur diffus et apparemment peu scrupuleux, puise avec largesse et totale absence de honte dans le vivier mental d'Alina Reyes et fait de cette matière, à peine remixée, un livre que publie Sollers avec les sous, la caution, l'aval et tout le tralala publicitaire de Gallimard. Haenel est le petit protégé de Sollers, son successeur, ai-je même lu, voire son fils. Lorsque sort le roman d'Alina, il est clair que Sollers est mal à l'aise. Ordre est donc donné aux amis de la presse littéraire d'ignorer purement et simplement ce livre : de toute façon, la Reyes elle est trop nunuche pour rouscailler, trop peu couillue pour oser piper mot, surtout que moi, Philippe Sollers, rien moins que doge, suis le mâle dominant de toute littérature passée, présente et à venir — amen ! Les ficelles, comme toujours avec Sollers, sont grosses, très grosses, et huileuses de toutes les sales pattes que compte la littérature française contemporaine. Alina Reyes fait-elle mine de se plaindre ? On envoie le barbet Assouline gronder aux pieds de l'impudente, et si ça ne suffit pas, sans doute, on fera en sorte qu'elle ne puisse plus publier nulle-part, hormis peut-être en Moldavie chez un éditeur chauve.&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Maintenant, plagiat or not plagiat ? Notion très subjective ! Il n'y a pas contrefaçon, c'est sûr, puisque Haenel n'a pas copié une œuvre existante, mais « seulement » utilisé des thèmes très précis et redondants chez Alina Reyes. Pas loin d'ici, sur Wikipédia, je lis que le plagiat « consiste à s'inspirer d'un modèle que l'on omet délibérément de désigner. Le plagiaire est celui qui s'approprie frauduleusement le style, les idées, ou les faits ». Je ne suis pas juriste, mais selon les éléments donnés par Alina Reyes, nous sommes bel et bien en présence d'un plagiat. Et quoi d'étonnant de la part d'un poulain de l'écurie Sollers, lui qui s'est spécialisé dans le recyclage en série de sucs secrétés par d'autres, lui qui se fit la main en pastichant les grands auteurs et qui n'a jamais cessé, à dire la vérité, de pasticher tout le monde, jusqu'à lui-même.&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Affaire à suivre de très, très près.&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;br /&gt; L'article d'Alina Reyes sur &lt;a href=&quot;http://www.agoravox.fr/article_tous_commentaires.php3?id_article=30012&quot; title=&quot;AgoraVox&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;AgoraVox&lt;/a&gt; et repris, moins certains commentaires intéressants &lt;b&gt;(1)&lt;/b&gt;, sur son &lt;a href=&quot;http://amainsnues.hautetfort.com/&quot; title=&quot;À mains nues&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;blog&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Compléments d'Alina Reyes sur le site du &lt;a href=&quot;http://stalker.hautetfort.com/archive/2007/10/10/quand-haenel-pature-reyes-par-alina-reyes.html&quot; title=&quot;Quand Haenel pâture Reyes&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;Stalker&lt;/a&gt; et « préface » de Juan Asensio.&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://passouline.blog.lemonde.fr/2007/10/09/alina-reyes-accuse/&quot; title=&quot;Alina Reyes accuse.&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;Pedro Assouline&lt;/a&gt;, pédagogue et langue de vipère.&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;__________&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;(1) – «&amp;nbsp; &lt;span class=&quot;article_texte&quot;&gt;Je suis seule, je n’appartiens pas à des réseaux, je n’ai jamais voulu entrer dans ces jeux d’alliances... »&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt;
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<title>Alexandre le Gras</title>
<link>http://opusxvii.hautetfort.com/archive/2007/08/27/alexandre-le-gras1.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Ygor Yanka)</author>
<category>Banalités phénoménales</category>
<pubDate>Mon, 27 Aug 2007 12:25:00 +0200</pubDate>
<description>
&lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://opusxvii.hautetfort.com/media/00/00/0a53f9c07647ba2c5c5107a40837bb10.jpg&quot; id=&quot;media-515905&quot; alt=&quot;47b2912e6d3de68b7459cad119d3808d.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0pt; float: left&quot; name=&quot;media-515905&quot; /&gt;Du temps où il découvrait Internet, Raphaël Denys (alias « Denys le Petit »), initié par mes soins à la pensée de droite, m'enjoignait de lire les chroniques d'Alexandre Adler dans le &lt;i&gt;Figaro&lt;/i&gt;. Je lis le &lt;i&gt;Figaro&lt;/i&gt; chaque jour, attentivement, depuis des lunes, et je crois être un assez bon lecteur. Je lisais donc déjà les chroniques d'Adler (alias « Alexandre le Gras »). Il se fait que je me suis toujours méfié de ce type, comme je me méfie en général des intellectuels qui cheminent de l'extrême gauche à la droite, par je ne sais quel subtil retournement de bleu de chauffe. D'abord, je déteste son style. Il ne pense pas clairement, puisqu'il s'exprime comme du tapioca dans un bouillon (gras). Mais « ça pense ! » selon l'expression favorite du bouffon Denys, et c'est parce que « ça pense » qu'il l'admire. Pour fasciner un Raphaël Denys, il suffit de quelques hochets manipulés par des Chinois, un peu de géopolitique et trois cuillerées de métaphysique – le tout dilué dans un sabir virevoltant dont la lecture provoque en général maux de tête et confusion. Quand on admire des Meyronnis et des Haenel, on ne goûte évidemment pas la clarté, ni le sens : on aime les fumées, le pur cliquetis des concepts... et le bouillon gras !&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;La dernière chronique (25 août) d'Alexandre Adler est intitulée &lt;i&gt;La Belgique va-t-elle demander le divorce ?&lt;/i&gt; Le sujet, forcément, m'intéresse. En plus je le connais bien, contrairement au théâtre chinois des opérations ou aux hérésies du shintoïsme dans le monde lagunaire des oursins. Adler écrit à un moment donné ceci : « Ce n'est évidemment pas faire justice à l'immense émancipation culturelle flamande qui s'est produite dans les quarante dernières années et nous a donné des artistes exemplaires de langue néerlandaise&amp;nbsp;: le romancier Hugo Claus, les frères Delvaux, le peintre et le cinéaste, et bien entendu, dans le domaine de l'opéra, Gérard Mortier. »&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Les frères Delvaux ? André Delvaux le cinéaste frère du peintre Paul Delvaux ? Et Alexandre Adler, le frère de Laure ? Delvaux le cinéaste et Delvaux le peintre n'ont aucun lien de parenté, et si le premier est (était) bien flamand (né à Heverlee dans le Brabant flamand), le second ne l'était tout simplement pas, étant originaire d'Antheit, près de Huy, en Wallonie. Et s'il a vécu longtemps en Flandre, à Saint-Idesbald, près de Coxyde (Koksijde en néerlandais), il ne l'a fait qu'aux approches de la cinquantaine. Le cinéaste André Delvaux est un bien mauvais élève de la catégorie des « artistes exemplaires de langue néerlandaise », puisque son œuvre cinématographique complète est francophone et que lui-même s'exprimait en français sans la moindre trace d'accent, et subtilement. Je me demande même s'il n'était pas simplement francophone de naissance.&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;De telles erreurs sont-elles permises de la part d'une autorité intellectuelle ? Une telle inculture est-elle possible ? Adler le Français commettant de telles bourdes en écrivant sur la proche Belgique... Combien ne doit-il pas en aligner lorsqu'un délire le prend de nous entretenir de la Russie à travers les steppes et les âges ou de la politique chinoise depuis les Ming (en 65 lignes) ? Qui pour gober à la louche les approximations du Gras potache ? Les gogos gloussants de l'intellectualisme béat !&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Je ne conteste pas le fond, du moins pas s'agissant du dynamisme culturel flamand. Tant qu'à citer des artistes flamands réputés, il aurait pu mentionner la chorégraphe Anne Teresa De Keersmaeker, les stylistes Dries Van Notten ou Dirk Bikkembergs (entre autres), les écrivains (en plus d'Hugo Claus) Johan Daisne et Hubert Lampo, voire les chanteurs Will Tura, Raymond van het Groenewoud ou Helmut Lotti, et certainement le chorégraphe et plasticien et je ne sais quoi encore Jan Fabre. À ce dynamisme s'oppose la pesanteur wallonne, très entretenue et fortement encouragée par le socialisme et ses sous-dérivés (dont le PTB marxiste-léniniste, ou les écologistes, qui se croient encore au temps des hippies et rêvent de plage sous les pavés, au lieu de voir les crottes de chiens sur le bitume). Cette pesanteur wallonne, fruit du socialisme, de la corruption des édiles socialistes, de l'alcoolisme (parfois des mêmes édiles), de la drogue douce et dure, du chômage volontaire, de la « modestie » foncière (lisez : la « pusillanimité ») du Wallon avec son terrible et tellement provincial complexe d'infériorité par rapport au Français — cette pesanteur est à coup sûr le cercueil où la Belgique bientôt reposera, repose peut-être déjà. Et c'est pour fuir ce merdier, cette médiocrité délétère, que j'ai largué définitivement les amarres. Si je reviens un jour en Europe (nous en avons le projet, ma femme et moi), ce sera pour m'établir en France, avant peut-être l'Italie ou le Portugal, mais en Belgique, jamais : ce sont les vers qui vivent sur un cadavre.&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Sauf décès prématuré, j'ai la conviction que je parlerai un jour à mes improbables petits-enfants d'un pays qui fut et qui n'est plus : la Belgique. J'en parlerai sans doute avec tristesse, car j'aime bien ce pays pour certains aspects de son esprit, sa folie artistique, son inventivité, sa loufoquerie. Où la France avec ses pompes et sa grandiloquence parle de grandeur et de fierté nationales, la Belgique, où nul n'est grand (sauf à quitter le pays, comme l'ont fait Brel, Michaux ou Marcel Moreau), parle de fantaisie, d'irrespect, de bombance. Moi-même, qui donne parfois l'impression d'un sérieux digne du monastère, je suis un comédien, un farceur, un luron. Ne faut-il pas être cinoque pour mettre dehors, sans l'écraser, un faucheux égaré sur le sol de la cuisine, et parler de lui comme d'un copain venu me rendre visite, et agiter la main en guise d'au revoir une fois posé au sol le chétif animal ? De quel droit tuerais-je une bestiole pas menaçante pour un sou, qui semblait au surplus s'être éprise de moi, car cela faisait plusieurs heures que je la voyais se promener autour de l'évier, tandis que je vaquais à des tâches ménagères. Et ma femme pourrait vous en raconter de belles sur un certain sauvetage collectif de coccinelles que j'ai tenté il y a de ça deux automnes (il y a un moment en automne où les coccinelles par centaines rentrent dans les maisons, et comme nous avons un petit gredin de 10 ans qui, obsédé par les « bibittes » – les bébêtes –, est assez porté sur la tapette à mouches, imaginez mon effroi...) Il y a trois jours de ça, je suis parvenu à sauver d'entre les griffes de mon chat (un chat que j'adore, que j'ai amené de Belgique avec moi) une souris que je suis allé remettre dehors en catimini, au large, car nous avons quatre autres félins très gourmands. Fêlé, vous dis-je. Mais qu'on lance des plaisanteries sur le pape et j'enfourche mes grands chevaux colériques. Qu'on vante en ma présence Philippe Sollers et je décroche ma Winchester. Et autres folies ordinaires, donc phénoménales...&lt;/p&gt;
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<title>Faut-il canoniser Dantec ?</title>
<link>http://opusxvii.hautetfort.com/archive/2007/03/04/faut-il-canoniser-dantec.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Ygor Yanka)</author>
<category>Banalités phénoménales</category>
<pubDate>Thu, 08 Mar 2007 20:25:00 +0100</pubDate>
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&lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.yankay.net/opus_xvii/images/gauguin.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://opusxvii.hautetfort.com/images/thumb_gauguin.jpg&quot; alt=&quot;medium_gauguin.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0pt; float: left&quot; /&gt;&lt;/a&gt;DANTEC A SES GROUPIES et ses détracteurs. Une même virulence anime les deux clans. Aux « Touche pas à mon Dantec ! » qui fusent d'un côté répondent de l'autre les « Abattons Dantec ! » Est-il possible encore de n'appartenir à aucune de ces deux chapelles où les cierges et les crucifix entrelacés d'ail volent bas ?&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Je ne suis ni pour, ni contre Dantec. Comment d'ailleurs peut-on être pour ou contre un écrivain ? On peut être pour Sarkozy contre Royal, ou le contraire, mais pour Dantec contre qui ? Contre Dantec et pour qui ? Il reste que Dantec, pour des raisons bien plus politiques que littéraires, laisse peu de monde indifférent, du Flore à la Coupole en passant par le très achalandé Café du Commerce. Je trouve gênant d'avoir à me « positionner » — comme disent les journalistes verbo-déprimés. Il devient rare de pouvoir gentiment causer littérature sans s'entendre demander très vite : « Et Dantec, t'en penses quoi ? »&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;J'en pense... Eh bien, pas grand-chose. Ce « pas grand-chose » ne doit rien aux opinions, thèses et prophéties de Dantec. Peu me chaut donc que Dantec ait brulé ou non le feu rouge du consensus humaniste tiède. Il peut bien appeler à incendier les mosquées, à raser Paris et sa banlieue, lancer au nom de Dieu un nouvel Appel de Clermont, assassiner de ses propres mains un mollah, cela n'est pas susceptible de me transformer en féroce zélateur, ni en ennemi juré. Dantec me laisserait froid s'il était admiré ou détesté pour des questions touchant la littérature, le style, l'art du roman. Il pourrait soudain se mettre à écrire divinement que la horde à ses trousses n'abandonnerait pas la poursuite. Il pourrait, au point de vue du style, sombrer plus bas que le niveau zéro, que ses porte-flambeaux fascinés ne mettraient aucune sourdine à leurs péans à la gloire du grand, beau, génial Dantec ! Depuis Houellebecq et quelques autres, nous savions que le rock'n'roll avait annexé la littérature, mais cette binarité doublement excessive (idolâtrie/détestation), sans rien dans l'entredeux qu'une vaste et morne plaine aux allures de no man's land, nous incite à une prudence toute jésuitique et à demeurer à couvert, l'œil toutefois en alerte, rivé sur la ligne de front où les œufs pourris pleuvent.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;D'abord, puisque cela compte, sans qu'il faille arrêter là-dessus un jugement définitif, je dirai que, physiquement, Dantec me répugne assez. Une tête de cyber-criminel, de barbouze, de rocker en rupture de « band ». Il n'y est pour rien, je sais — encore que, pas aveugle à ma connaissance, ne souffrant d'aucune affection oculaire, je vois mal ce qui, chez Dantec, justifie le port permanent de lunettes noires. Un type qui affronte le monde à l'abri de lunettes noires me semble louche, peu franc, d'une crédibilité douteuse. Bloy, puisqu'on s'en réclame à croix et à cri, ne cachait pas son extraordinaire, presque insoutenable regard, ce qui dénote un certain courage, même si, bien sûr, rien ne dit que Bloy ne se fût pas sauvé sous la menace d'une canne levée sur lui par un mécène lassé de son ingratitude. La remarque vaut pour Bernanos que je n'ai pas le souvenir d'avoir jamais vu déguisé en tueur.&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://opusxvii.hautetfort.com/images/medium_dantec_bleu.jpg&quot; alt=&quot;medium_dantec_bleu.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.7em 0pt&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Le 3 novembre 2005, Maurice G. Dantec était l'invité de Benoît Dutrizac sur TQS, « le mouton noir de la télé », comme le prétend leur slogan. J'étais, par hasard, devant le poste. Je ne connaissais pas la voix de Dantec. Depuis sept jours, les émeutes faisaient rage dans les banlieues françaises. Dantec était invité pour parler de cela et non de son roman frais sorti, &lt;i&gt;Cosmos incorporated&lt;/i&gt; (dont il ne fut pas question, sinon tout à la fin, pour conclure la discussion, et uniquement pour signaler la sortie du livre que Dutrizac, au demeurant, reconnut n'avoir pas lu encore). En bon écrivain contemporain, Dantec commit plusieurs fautes de français : &lt;i&gt;un&lt;/i&gt; espèce, &lt;i&gt;une&lt;/i&gt; abysse (il avait d'abord dit « un », ce qui est correct, avant, par malheur, de se corriger) et parla de &lt;i&gt;prolégomène&lt;/i&gt; au singulier (d'ailleurs, si on se fie à la définition pourtant claire de &lt;i&gt;prolégomènes,&lt;/i&gt; on comprend mal par quel tour de magie lexicale les émeutes pouvaient être par Dantec qualifiées de « &lt;i&gt;prolégomènes&lt;/i&gt; à la guerre civile française » (des prolégomènes, ce sont des explications préalables), surtout quand existent des mots parfaitement clairs et moins savants comme &lt;i&gt;prémices&lt;/i&gt; ou &lt;i&gt;préliminaires&lt;/i&gt;. Un autre terme « compliqué » (selon MGD &lt;i&gt;himself&lt;/i&gt;) que le très hardi Dantec utilisa d'une manière douteuse, c'est « paradigme », lorsqu'il parla de la société québécoise, non « construite sur les mêmes &lt;i&gt;paradigmes&lt;/i&gt; » que la société française. Je n'ignore pas que le mot, en grec, signifie « modèle » — mais en français le terme est didactique et appartient au vocabulaire de la linguistique. Avec des « prolégomènes » et des « paradigmes » on peut certes épater le téléspectateur moyen. Si, en plus, on les utilise en donnant le sentiment qu'on en maitrise mal le sens, on ne doit pas ensuite se plaindre si certains confrères regardent comme une incongruité gémellaire le couple « Dantec » et « écrivain français ». Mentionnons encore, sans vouloir enfoncer le clou, sinon on m'accuserait de vouloir crucifier l'adjudant-chef Dantec alors que je suggère de le canoniser, — mentionnons encore l'assez douloureux « ... puisqu'il y a à peine deux millions de personnes qui &lt;i&gt;vit&lt;/i&gt; dans Paris... » Et cette phrase désopilante, tombée de la gueule du Père Ubu, lorsque Dantec parle des banlieues comme d'un « territoire définitivement sorti des gonds de la porte de la République ». C'est tout de même beau, la rhétorique...&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Il ne faut cependant pas juger définitivement un écrivain sur la manière dont il parle. Moi-même, qui semble de très haut donner des leçons de français à un type publié chez les éditeurs les plus réputés de France, je ne suis pas toujours exempt de reproches sur la qualité de mon verbe, lorsque je parle surtout. Dans le feu de la parole, je commets parfois des lapsus, des contresens, des imprécisions, des barbarismes et même des solécismes. Seulement, à la différence de Dantec, je les commets en comité restreint, mes fautes, pas devant des milliers de téléspectateurs susceptibles de juger la littérature française à travers le seul Dantec. Un écrivain qui parle aussi mal que n'importe qui risque de passer pour un imposteur auprès du public cultivé, et dans tous les cas pour un cochon auprès des confrères. On se plaint que la qualité du français se dégrade, mais si les écrivains eux-mêmes le saccagent, comment ferons-nous ensuite pour restaurer son autorité, et au-delà, la nôtre ? Je n'exige pas d'un écrivain qu'il soit toujours et partout irréprochable, non, tout de même pas — mais il se doit d'être exemplaire. Dantec ce jour-là ne l'a pas été, et j'ai eu honte pour lui.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;J'avais donc à l'égard de Maurice G. Dantec un à priori, quelque chose de finalement bien maigre et de très subjectif : sa gueule qui ne me revenait pas. Son français, à la fois commun, médiocre et pompeux dans l'utilisation — erronée qui pis est — de certains termes didactiques, n'a pas relevé sa cote dans mon estime (je parle bien de l'individu Dantec et pas de l'écrivain). Avec ça, une attitude quelque peu agressive et un ton de voix insupportable. Quelque chose d'un roquet à la fois sur la défensive et menaçant. Nous connaissons tous de ces chiens à mémères qui mènent grand tapage et qu'un coup de talon bien placé fait taire, définitivement parfois. Dantec chez Dutrizac, seul avec lui pourtant, ne m'a pas paru beaucoup plus dangereux qu'un de ces clebs braillards et diarrhéiques que la vue d'un chat propulse sous le divan. Le fauve, me suis-je dit, n'est peut-être qu'une fauvette. Quelques jours plus tard, Juan Asensio, qui avait à deux reprises rencontré Dantec, m'écrivit ceci de peu surprenant, tout compte fait : « L'homme est d'une gentillesse et d'une timidité extraordinaires, je n'en suis pas encore revenu. »&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Dantec, qui ne s'exprime pas dans une forme irréprochable, profère toutefois peu d'âneries quant aux causes directes et indirectes des émeutes. Nous avions là des jeunes en rupture de société, en rupture de culture, issus pour la plupart de l'immigration exponentielle à la française, enfants de la délinquance, de la petite criminalité, de l'anarchie, du non-droit, &lt;i&gt;shootés&lt;/i&gt; au rap le plus violent. Le travail de sape — contre la société occidentale, contre les Blancs — des islamistes en coulisse n'était pas le moteur des émeutes, mais l'un de ses carburants. Et certainement, il fallait mettre en évidence, comme cause lointaine mais primordiale, l'« urbanisme » délirant de la ceinture parisienne. Je cerne « urbanisme » de guillemets parce que, si c'est le mot adéquat, il ne répond guère, dans les banlieues françaises, à la seconde partie de sa définition selon le Trésor de la Langue Française : « Ensemble des sciences, des techniques et des arts relatifs à l'organisation et à l'aménagement des espaces urbains, &lt;i&gt;en vue d'assurer le bien-être de l'homme et d'améliorer les rapports sociaux en préservant l'environnement&lt;/i&gt;. » La situation était donc potentiellement explosive. La mèche, qui n'attendait qu'une flamme, a été allumée par la mort de deux parmi trois jeunes imbéciles qui, fuyant la police, n'ont rien trouvé de plus intelligent que d'aller se réfugier dans un transformateur EDF. Racailles ou pas racailles, deux êtres humains sont morts (jeunes ou vieux, aucune importance), et ce n'est pas drôle. Dans un pareil contexte, je ne trouve pas Dantec très subtil quand, sur le mode sarcastique, l'air ravi de sa trouvaille, il parle des deux victimes qui « ont subi quelques dommages collatéraux liés à l'électricité ambiante ». À quoi bon se rendre plus odieux qu'on ne parait déjà ? Comment non plus ne pas déplorer cette jubilation sourde et quelque peu malsaine qui anime Dantec d'un bout à l'autre de l'entretien ? On ne peut, l'écoutant, s'empêcher de l'imaginer trépignant de joie dans son for intérieur : « Ça y est, ça pète &lt;i&gt;enfin&lt;/i&gt; ! » Il l'avait dit, nul ne le croyait, et voilà que ça se produisait &lt;i&gt;enfin&lt;/i&gt; ! La France à feu et à sang, &lt;i&gt;enfin&lt;/i&gt; ! Des émeutes ont éclaté, « et ça va continuer ! » prophétise Dantec avec l'air de qui, sous son blouson, cache un flingue huilé la veille. Mais ce ne sont là que des impressions. Présomption ne signifie pas conviction ni surtout condamnation.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;« Êtes-vous raciste ? » lui demande à la fin stupidement Dutrizac. Quel type, avec même une seule goutte de bon sens, irait sur l'air des lampions déclarer : « Mon cher Benoît, évidemment que je suis raciste ! Les nègres, les youpins, les bicots, tout ça, ce sont des sous-hommes, n'est-ce pas ? — de la barbaque tout juste bonne à alimenter les fours crématoires ! » Dantec répond donc platement qu'il n'est pas raciste, mais d'une façon trop formelle pour entrainer la conviction. Subsiste un doute... oh ! une poussière. La bonne question eût été peut-être : « Comment se fait-il que vous donniez l'impression d'être raciste ? » Alors Dantec aurait pu expliquer : « Le raciste fonde son opinion sur des théories, évidemment farfelues, selon lesquelles la race à laquelle il appartient, quelle qu'elle soit — car le racisme n'est pas, loin, s'en faut, l'apanage des Blancs —, est supérieure aux autres sur à peu près tous les plans. Moi, ce que je n'aime pas, ce sont les Musulmans, depuis, en gros, le 11 septembre 2001. Et notez-le, c'est important : je n'ai rien contre l'islam en tant que tel, mais contre ses dérives salafistes, l'islam de la terreur contre la démocratie et les valeurs occidentales. Je suis Blanc, occidental, démocrate et chrétien. Je défends donc un pré carré attaqué de toutes parts, et pas verbalement, par le terrorisme islamique, moderne incarnation du nihilisme pur, négation de la vie, négation de l'amour, négation de la liberté. Comme, et je n'y suis pour rien, les musulmans sont majoritairement arabes ou noirs, mes détracteurs, qui nient la menace islamiste et la réalité du conflit de civilisation inaugurant en sinistre fanfare le XXIe siècle, dénoncent chez moi un racisme imaginaire, feignant de croire que ma cible réelle n'est pas l'islam des ténèbres, mais la population plutôt basanée que forment majoritairement les disciples de l'islam — ceci pour ruiner tout mon crédit auprès de ceux qui réfléchissent encore au lieu de croupir, puisqu'un raciste, par définition, affabule. Si la preuve est faite que Maurice G. Dantec est un raciste, alors je ne suis plus crédible en rien, je suis regardé comme le pire ennemi du genre humain. »&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Voilà, je pense, qui eût dissipé toute fumée. Dantec, que je ne crois pas doué d'une intelligence remarquable, nourrit lui-même le doute, notamment, comme c'est le cas à plusieurs reprises dans cette vidéo, lorsqu'il tend à confondre la religion (l'islam) et l'origine ethnique (arabe et noire, mais Dantec ne parle que des Arabes) de ses zélateurs. Une telle confusion, si elle n'est pas voulue, est une maladresse confinant à la bêtise. Si Dantec s'amuse à cela sciemment, il ne trouvera pas en moi un très ardent défenseur le jour, inévitable, où il aura de sérieux ennuis — SAUF s'ils prennent la forme d'une fatwa, puisque &lt;a href=&quot;http://stalker.hautetfort.com/archive/2007/02/18/technikart-du-gout-de-la-mediocrite-a-celui-du-crime-par-jea.html&quot; title=&quot;Technikart, du goût de la médiocrité à celui d'un crime (Jean-Christophe Moreau sur le site du Stalker)&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;certains&lt;/a&gt; y songent. Dantec doit se méfier non de ses lecteurs, mais de ses groupies, de ces jeunes gens qui l'admirent davantage pour ses prises de positions politiques que pour son talent littéraire, son style, son art de ficeler plus ou moins bien de bonnes histoires. Et il doit se méfier de lui-même. La politique réussit rarement aux écrivains qui ne savent pas toujours jusqu'où s'engager trop loin. De plus intelligents que Dantec, comme Brasillach ou Drieu La Rochelle, ont bel et bien perdu la vie pour avoir préféré la politique à l'art, pour avoir trompé Apollon le lumineux avec Arès l'obscur — et d'autres comme Céline ou Rebatet, s'ils ont eu plus de chance, ont frôlé le mur.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;Dantec l'écrivain... Je ne suis pas critique. Je ne suis qu'un lecteur avec ses gouts, et je ne demande pas à la littérature plus qu'elle ne peut donner. Je l'aime autant que je me méfie d'elle. Dantec, de par le genre de littérature où il s'illustre, n'avait aucune chance de me compter au nombre de ses lecteurs : je ne goute tout simplement pas la science-fiction. Son nom même ne me disait pas grand-chose, jusqu'à ce qu'éclate la trop fameuse « affaire Dantec », cabale médiocre montée contre l'écrivain par quelques professionnels de l'hygiène publique. Dantec a donc fait irruption dans ma sphère brutalement, par le biais du bouillant &lt;a href=&quot;http://www.egards.qc.ca/lire_extrait_nonrevue.php?art=139&quot; title=&quot;Dantec devant les cochons (Juan Asensio, sur le site de la revue Égards)&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;i&gt;Dantec devant les cochons&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; de Juan Asensio (que je ne connaissais pas davantage).&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;Dantec l'écrivain, je l'ai abordé par ce qui, dans son œuvre, me paraissait le plus susceptible de m'intéresser au moins dans un premier temps, à savoir son &lt;i&gt;Journal métaphysique et polémique&lt;/i&gt;, sous-titre du &lt;i&gt;Théâtre des opérations&lt;/i&gt; (&lt;i&gt;TdO&lt;/i&gt; pour les intimes). Le titre du second volume (&lt;i&gt;Laboratoire de catastrophe générale&lt;/i&gt;), et la forme dans laquelle il est rédigé m'ont paru séduisants après un bref examen du volume. J'en entamai donc la lecture, chaud par avance d'une fièvre que dix pages suffirent à couper, pour céder le relai à l'agacement, lui-même remplacé bientôt par l'exaspération que la colère puis le rire emportèrent. Après 350 ou 400 pages, j'abandonnai Dantec à ses démons.&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;Les notes qui suivent proviennent de ma lecture d'alors. &amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;Quelques observations. Tout bouillonnement n'est pas métaphysique par nature, et toute métaphysique n'est pas usine de traitement des eaux usées. Moi qui ai lu Bloy froidement, en lecteur, en écrivain et non en laquais fasciné, je ne suis pas convaincu qu'il serait très fier de sa postérité. Je ne sais si Dantec pense, mais il phosphore. Le cyclotron des lettres. Le laboratoire annoncé pourrait bien n'être que le bric-à-brac métaphysique d'un piètre penseur sous amphétamines. Un tas de notions de toute évidence pas digérées, et recrachées pêle-mêle. Du « c'est brouillon ! » du début de ma lecture, je suis passé au « c'est bouffon ! » au terme (avorté). Lueurs çà et là. La pointe de l'aube en a tant vu naitre, de ces génies blafards que les premiers vrais rayons du soleil ont dissipés comme des fantômes, dissous comme des vampires ! Théâtre ? Il y a de ça en effet. Et plutôt Labiche que Shakespeare — un Labiche qui aurait lu tout Heidegger en une nuit, tout en ingurgitant des cocktails louches mêlant au café l'alcool et la drogue.&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;...&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;Faut-il canoniser Dantec ? demandais-je. Mon titre se voulait doublement parodique en référence au très sérieux &lt;i&gt;Dantec mérite-t-il une fatwa ?&lt;/i&gt; du magazine &lt;i&gt;Technikart&lt;/i&gt; et à celui, humoristique mais non entendu ainsi (donc &lt;a href=&quot;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/archive/2007/03/05/dantec-est-il-infrequentable.html&quot; title=&quot;Dantec est-il infréquentable ? (Carnets de JLK)&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;modifié&lt;/a&gt; depuis) de JLK dans ses Carnets : &lt;i&gt;Faut-il égorger Dantec ?&lt;/i&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;u&gt;&lt;b&gt;NOTES&lt;/b&gt;&lt;/u&gt;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;La &lt;a href=&quot;http://www.dailymotion.com/fdesouche/video/26940&quot; title=&quot;Dantec chez Dutrizac sur TQS&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;vidéo&lt;/a&gt; de Dantec chez Dutrizac.&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;En frontispice, &lt;i&gt;Portrait-charge de Gauguin&lt;/i&gt;, huile sur bois, 1889, National Gallery of Art, Washington.&amp;nbsp;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
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<title>Si Philip Roth écrit mal, Céline aussi</title>
<link>http://opusxvii.hautetfort.com/archive/2007/02/08/si-philip-roth-ecrit-mal-celine-aussi.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Ygor Yanka)</author>
<category>Banalités phénoménales</category>
<pubDate>Sun, 25 Feb 2007 08:05:00 +0100</pubDate>
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&lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;PAUL-FRANÇOIS PAOLI, dans &lt;i&gt;Le Figaro littéraire&lt;/i&gt; du 8 février, confronte Jean-Marc Roberts et Richard Millet sur le sujet, chaud en France depuis Mérovée, du roman et de son avenir. Roberts comme Millet, écrivains, sont aussi éditeurs, l'un chez Stock, l'autre chez Gallimard. Il est banal en France d'être à la fois acteur, metteur en scène et producteur.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Richard Millet, que je ne mésestime pas comme auteur, défend assez piteusement sa croute en portant l'offensive sur la littérature anglo-saxonne : « On survalorise la littérature anglo-saxonne : qui sont leurs grands écrivains ? Qu'on nous les cite. Qui dira que Philip Roth écrit mal ? » De quoi bondir.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Par « littérature anglo-saxonne », Richard Millet entend évidemment « littérature américaine ». J'avais cru, lisant Millet, percevoir son admiration pour un certain William Faulkner, et même davantage que de l'admiration. Je dois me tromper.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Les grands écrivains de la littérature anglo-saxonne (américaine en particulier) contemporaine ? Deux récents disparus : William Styron et Saul Bellow. Sinon, Don DeLillo, John Updike, Brett Easton Ellis, James Ellroy, Thomas Pynchon, Russell Banks, Philip Roth et celui qui, de deux têtes, les surpasse tous : Cormac McCarthy. Je me borne aux écrivains dont j'ai lu un livre au moins. J'aimerais maintenant que M. Millet nous cite, s'il le peut, de grands écrivains français contemporains aussi réputés planétairement que les Américains cités. Il ne le peut pas. Richard Millet craint le ridicule.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;La littérature, en France, est une institution, et les écrivains des icônes. Il suffit de dire, en France, qu'on écrit, pour entendre les pigeons roucouler. N'importe quelle Française un peu cultivée s'agenouillera devant un compatriote à plume, et lorgnera avec envie sa braguette. Un écrivain français, avant même d'avoir écrit un seul livre, songe au Goncourt et se rêve académicien : la littérature pour lui n'est qu'un moyen, un moyen de parvenir. Je le sais d'autant mieux que j'ai failli moi-même succomber à cette vaine, désolante tentation. Je dois à Hubert Nyssen de m'avoir ouvert les yeux tôt. En juin 1987 il répondit ceci à un courrier de ma part : « L'angoisse de votre lettre, si bouillante, ne m'a pas échappé. Il me semble pourtant que vous êtes victime d'une tendance qui a causé beaucoup de tort en France aux candidats à la littérature, celle qui consiste à être obsédé par son statut plus que par le contenu même (et le sens) des livres qu'on veut écrire. Là où le jeune Américain (ou Allemand ou Suédois) s'angoisse dans la recherche des justes relations entre ses personnages, le jeune francophone souvent s'angoisse en songeant à l'image que sa pratique d'écriture donnera de lui. » Je n'avais alors aucun talent, de l'imagination, un peu de prétention et beaucoup de naïveté. Nyssen pointait du doigt un doute que j'avais et qui me taraudait. Exalté par mes lectures de l'époque (Balzac, Hugo, Stendhal...) et par la vie des grands écrivains français (les biographies d'André Maurois m'enthousiasmaient), je me voyais déjà, comme dans la chanson, en haut de l'affiche, sans avoir rien écrit de très consistant. Chaque phrase que j'écrivais était lourde d'un enjeu. Mes personnages avançaient raides, empaillés, et posaient, tel Victor Hugo accoudé à sa cheminée, l'air inspiré, « écoutant Dieu », selon la légende manuscrite de cette photo célèbre du vieux satyre à Guernesey. Bref, je faisais de la littérature, au pire sens du terme. Avec ça, un style filandreux au possible. Je voulais être écrivain, sans avoir rien à dire, pour le prestige. Je me souciais d'être un jour un nom que l'on prononcerait avec emphase, stupeur et tremblements. Je songeais plus à la couverture de mes livres qu'à leur contenu. J'étais, parmi tant d'autres, un imbécile. Cela n'a pas été sans mal, mais au fil des années j'ai compris et intégré ceci : être écrivain, c'est servir la littérature et non se servir de la littérature à des fins personnelles. Un peu d'ambition et beaucoup de modestie. Et du travail, du travail encore, nuit et jour. Le talent ne suffit pas.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;En France, on aime les phrases. La langue française et sa grammaire, depuis la période classique, impose sa tyrannie. Malherbe d'abord, Vaugelas ensuite, ont sorti le français des tavernes de Villon pour le faire entrer à Versailles, non sans l'avoir décrotté. De Versailles, il se répandit dans les salons parisiens, puis provinciaux. On en fit des broderies et des dentelles. On en fit des menuets, du caviar, une eau claire et limpide, parfaitement tiède. D'un paysan mal dégrossi mais sympathique, espiègle et fantaisiste, on fit un courtisan à la cour du roi Louis, que singèrent de Paris à Limoges et de Digne à Calais des générations entières de bourgeois. La vénération du Français pour sa langue, comme pure forme, est quelque chose de comique. Dans quelle autre langue organise-t-on ces ineptes concours de dictées publiques ? Seul un écrivain français est capable de songer au suicide pour un hiatus. On ne s'étonnera dès lors pas d'entendre un Richard Millet s'exclamer : « Qui dira que Philip Roth écrit mal ? »&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Lisant cela, mon sang n'a fait qu'un tour. J'ai pensé : « Si Philip Roth écrit mal, Céline aussi. » Il n'est pas venu à l'esprit de Richard Millet que Roth n'est pas un écrivain français et que son œuvre est traduite. Roth écrit en écrivain de langue anglaise, en petit-fils de Shakespeare et en fils de Faulkner, pas en larbin de Corneille ou en pute du souteneur Proust. Et Roth l'anglophone est un écrivain américain d'origine juive, pas la fille cachée d'un ancien président français, ni celle exhibée d'un ancien Nouveau Philosophe. Roth donc, pour être jugé sur la forme, doit être comparé à Conrad, à Joyce, à Faulkner de préférence à Hugo, Mauriac ou Jouhandeau. L'Amérique n'est pas l'Europe et les États-Unis ne sont pas la France. La France est une nation littéraire, pas les États-Unis où l'on ne devient écrivain qu'après avoir pratiqué tous les métiers : livreur de pizzas, manutentionnaire, maçon, proxénète, clown ou croupier à Las Vegas. En France, on s'attable pour écrire à peine sorti de l'université, sans rien avoir vécu, sans être sorti des livres. L'écrivain américain a toujours quelque chose à raconter. L'écrivain français, faute d'avoir vécu, bavarde, souvent avec lui-même, en un long soliloque.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;i&gt;Qui dira que Philip Roth écrit mal ?&lt;/i&gt; Pas moi. Je ne dirai pas non plus qu'il écrit bien. Bien ou mal écrire n'est pas une façon appropriée de juger un écrivain de cette trempe. Si Philip Roth est un grand écrivain (et c'en est un), il le doit moins à une forme impeccable, à un style léché, qu'à son tempérament à la fois brutal, tendre, désespéré, cynique et capricieux. Ses personnages sont ce qu'ils sont, des hommes et des femmes, avec des qualités et surtout des défauts d'hommes et de femmes. Roth écrivant met en scène une histoire avec des personnages, et nous n'avons pas l'impression, le lisant, d'être très différents d'eux. Comme eux nous sommes amoureux, bornés, maladroits, stupides, attendrissants, lâches, fiévreux, téméraires, louches et pervers. Comme eux nous saignons d'un vrai sang, au lieu d'encre. J'ouvre un roman américain : je suis plongé dans la vie, je respire. J'ouvre un roman français : je suis plongé dans la littérature, je suffoque. Roth, qui n'a pas écrit que de bons livres, me plait pour ce qu'il y a de vivant, de cruel et de pantelant dans son œuvre, et j'aime son foisonnement, son anarchie, sa claire-obscurité. Ses personnages, souvent peu sympathiques et que Roth ne cherche pas à rendre sympathiques, qu'il nous expose sans les juger, sont pétris d'une pâte humaine qui les rend attachants. Peut-on sincèrement haïr cette vieille crapule de Mickey Sabbath aux « doigts tordus par l'arthrose » et qui maltraite sa femme, trahit odieusement son meilleur ami ? On l'aime pour ses failles, ses blessures à vif de vieil enfant, ses remords aussi peu sincères que maladroits, inutiles. On l'aime enfin parce qu'il est à l'image de la nature humaine, aussi complexe, changeant, insaisissable qu'elle.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Si Philip Roth écrit mal, Céline aussi. Et Faulkner, bien sûr. N'ayant que peu fréquenté les institutions scolaires, je n'ai pas été contaminé par la littérature dans mon adolescence. J'ai commencé à lire sérieusement à l'âge adulte, vers vingt, vingt-deux ans. J'ai commencé par les classiques français. Quoi que j'écrive, j'étais sous influence. Je n'étais pas peu fier qu'on me dise que j'écrivais comme Victor Hugo. C'était gonflé. Ça tombait bien : je l'étais aussi, tout en souffle sombre et en ombres farouches. Je lisais alors avec une avidité et une confiance dont j'ai parfois la nostalgie. Un livre de Faulkner, au titre étrange, retint mon attention : &lt;i&gt;Absalon, Absalon !&lt;/i&gt; Faulkner, parce qu'il ressemblait physiquement à mon père ? Je ne sais. Je me plongeai dans sa lecture. Sortant des &lt;i&gt;Misérables&lt;/i&gt;, des &lt;i&gt;Illusions perdues&lt;/i&gt;, du &lt;i&gt;Horla&lt;/i&gt;, de &lt;i&gt;Pot-Bouille,&lt;/i&gt; je fus pas mal dépaysé. La transition était brutale. Je n'appliquais alors pas encore le précepte de Montaigne : « Les difficultés, si j'en rencontre en lisant, je n'en ronge pas mes ongles ; je les laisse là, après leur avoir fait une charge ou deux. » Je m'obstinai donc. À vrai dire, je ne compris pas grand-chose. Je sortis du livre tout ensemble abattu et ravi — ravi comme on peut l'être d'un bon tour joué à notre détriment, et abattu, parce ce livre complexe et fascinant dévoilait à mes propres yeux mes carences. La vérité, c'est que je ne savais pas lire. J'aurais pu, comme d'aucuns, m'en tirer en déclarant que Faulkner écrivait mal. J'ai pourtant déduit de ma lecture que c'était moi qui lisais mal, ou plutôt que je lisais comme on lit quand on n'a rien lu d'autre que de la prose française classique, en cartésien malgré moi. J'étais accoutumé à une littérature linéaire, à une succession de plans bien détachés les uns des autres, aux transitions nettes, à une psychologie sinon sommaire, du moins charpentée, et je me retrouvais au cœur d'un tourbillon, d'un maelström narratif mêlant présent, passé, haine, poussière, touffeur, analepses à triple niveau et quadruple épaisseur, le tout livré tel quel, sans mise en garde préalable ni mode d'emploi. On est jeté là-dedans comme dans la vie à la naissance, dénué du moindre repère, et tout de suite balloté, livré à l'hostilité foncière d'un monde en apparence exotique, mais qui est notre monde, un monde d'ouragans, de terres arides ou gelées, de pics, d'abysses et d'obscures clartés. J'ai relu ce livre depuis, plusieurs fois, et d'autres de Faulkner, Joyce, Gadda, etc. Là, me semble-t-il, au sein de cette complexité proprement métaphysique, de ce bouillonnement, se situent le cœur et l'âme de la littérature, assez loin du petit roman français bavard et propret, avec ses histoires aussi courtes que maigres, ses personnages sans envergure aux nombrils cependant hypertrophiés, où les dieux ont la triste et pâle figure de psychanalystes cyniques et d'avocats névrosés.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Roth, Céline, Faulkner et tant d'autres écrivent mal, oui, pour qui demande au roman d'être rédigé par des instituteurs à l'attention d'élèves dociles qu'il s'agit d'édifier, de former à la vie d'honnêtes bourgeois. &amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Richard Millet, dont je soupçonne un régime alimentaire inapproprié d'entretenir son aigreur, fulmine soudain : « Que sont devenus les critiques ? Citez-moi un article qui dise que le dernier livre de Justine Lévy ou d'Anna Gavalda est nul ! Qui oserait écrire qu'un roman de Le Clézio ou de Kundera est faible ? » Plus loin, Roberts suggère d'interdire les blogs, car c'est à cause des blogs selon lui que « non seulement les gens ne lisent plus, mais ils ne vivent plus ». Je ne sache pas que « les gens » aient jamais beaucoup lu, et les lecteurs de blogs ne sont pas forcément des lecteurs en exil, passés du roman au blog. Les critiques dignes de ce nom, MM. Millet et Roberts, se sont peut-être réfugiés là où ils ne sont pas tenus d'encenser tel roman ou sommés de descendre en flamme tel autre, selon que son éditeur est un ami ou un ennemi. Les critiques sachant critiquer ont peut-être fui les journaux pour investir les blogs tant décriés, où ils peuvent à loisir, selon l'humeur, le gout, encenser ou démolir, non certes gratuitement, par amitié ou par inimitié, mais parce qu'ils aiment la littérature de préférence aux flonflons de la littérature et lui en demandent bien davantage que de divertir des veaux entre un match à Gerland et un épisode des &lt;i&gt;Desperate Housewives&lt;/i&gt;. Leur culture est telle, parfois, que je rougirais de la mienne si j'étais l'un de ces pâles scribes qui répandent dans les « grands » journaux, avec une profusion inouïe et une étonnante naïveté, des papiers de vingt lignes pompeusement appelés « articles », mal écrits qui pis est, où nous apprenons que le dernier roman de Shelby Fingernail (pseudonyme de Marie-Claude Flajole) est d'une « juvénile fraicheur, moderne, touchant, désespéré, cocasse » et, bien sûr, à lire d'urgence. Les véritables critiques, aujourd'hui, sont peut-être les lecteurs, les lecteurs éternels que l'apparition d'Internet n'a pas troublés plus que ça et qui ont appris à lire et à écrire dans ces livres dont la presse même spécialisée ne parle pas, parce qu'ils font plus de 120 pages et que leurs discrets auteurs ne se croient pas tenus de recenser dans le détail les mœurs sexuelles forcément « décalées » du héros ou de nous infliger leurs angoisses d'auteurs vaguement damnés (mais adulés par les dix-huit Sainte-Beuve au moins que comptent &lt;i&gt;Les&lt;/i&gt; &lt;i&gt;Inrocks&lt;/i&gt;), entre deux fumettes, trois reniflettes et un « soft drink » au &lt;i&gt;Flore&lt;/i&gt;, le tout entrelardé de SMS frénétiques envoyés aux quatre points cardinaux.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Peut-être consacrerions-nous moins d'énergie à « survaloriser » la dure et vivante littérature anglo-saxonne si la littérature française cessait de se shooter à la verveine.&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;br /&gt;
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