lundi, 02 octobre 2006
Robert, ils n'auront pas ta peau !
LE 19 SEPTEMBRE, dans ses pages Opinions, le Figaro publia un article du philosophe et professeur Robert Redeker, intitulé Face aux intimidations islamistes, que doit faire le monde libre ? L'article fut rapidement escamoté, ainsi que nous l'apprîmes après quelques jours quand la nouvelle tomba que les menaces de mort dont il était l'objet avait contraint le bouillant philosophe de se cacher « quelque part en France », sous la protection de la DST.
Ce n'est pas là une chose encore très courante en France, mais on y vient.
De quel odieux crime s'est donc rendu coupable Robert Redeker, hormis celui d'écrire tout haut ce que nous sommes des millions à penser — à savoir que « le Coran est un livre d'inouïe violence » ? Serait-elle littéraire et littéraire seulement, cette « inouïe violence » ne nous émouvrait guère. Or, le Coran est le vadémécum des musulmans, et ses préceptes pris au mot par ceux que j'appelle les hystérislamistes.
En Occident — pour quelques temps encore, espérons-le —, chacun est libre de penser ce qu'il veut et de le dire comme il l'entend. La critique est permise, et le blasphème aussi. Nul, arrosant d'invectives le pape ou Jésus, compissant même la Bible, ne risque de se voir mettre sous la gorge un couteau. La presse satirique et les artistes « sulfureux » ne se privent jamais de caricaturer vilainement le Saint-Père et d'insulter tout qui porte le froc ou la soutane, la bure ou le camail, et à leur suite le pieux cortège des dévots. Personne ne les inquiète et c'est tant mieux. Les mêmes, pour rien au monde, ne se risqueraient pas ou plus à mettre en scène un seul poil de la barbe archi-sacrée du Prophète. Ce cochon-là a trop d'amis, de séides, pour qu'on ose y toucher. Alors on se tait, mais on en marmonne de belles entre nos dents.
Robert Redeker ne s'est pas tu, et voilà tout son crime. Sa carrière interrompue brusquement, sa vie et celle de ses proches mises en péril, obligé de se terrer... Tout ça pour avoir écrit un texte du genre de ceux qui jadis inondaient les journaux et les livres (Vallès, Bloy, Tailhade, etc.) sans offusquer personne que dix âmes un peu délicates, dont un notaire octogénaire et trois vieilles filles, à cause des mots crus, comme charogne, l'un des préférés de Bloy.
Le texte de Robert Redeker n'est pas très inspiré, certes, mais là n'est pas la question. Son message a cette qualité de n'être pas ambigu. Ce qu'il pense, il le dit, tel quel. Et ce qu'il dit n'est pas un mensonge. Il n'exprime pas une opinion, mais une évidence. Ceux qui en douteraient seraient pour le coup, eux, très inspirés de se remémorer que nous devons à une malsaine et littérale lecture du Coran les très meurtriers attentats de New York, de Madrid, de Londres. Est-ce si loin déjà que l'on ait oublié de qui se réclamaient leurs auteurs ? Se réclamaient-ils de Jésus, de Bouddah, de Vishnou ? Non, d'Allah et du livre à lui directement dicté par Dieu, paraît-il. Ce livre s'appelle le Coran, cette religion se nomme l'Islam et les barbares qui en répandent les poisons sont appelés musulmans. Je ne me sens pas tenu de préciser que je ne mets pas tous les musulmans dans le même sac, encore que mon sac soit vaste et profond.
Son article, à Robert Redeker, dénote une exaspération. Une goutte a dû faire déborder son vase. Quelques jours plus tôt, le pape, à Ratisbonne, avait bien malgré lui déchaîné l'imbécile fureur des mollahs et de leurs sicaires. C'est d"ailleurs par un rappel de l'affaire que Robert Redeker ouvre son article : « Les réactions suscitées par l'analyse de Benoît XVI sur l'islam et la violence s'inscrivent dans la tentative menée par cet islam d'étouffer ce que l'Occident a de plus précieux qui n'existe dans aucun pays musulman : la liberté de penser et de s'exprimer. » Cette exaspération qui, sans doute, a motivé l'article incriminé, nous sommes de plus en plus nombreux à la partager. Nous ne tolérerons pas éternellement de nous faire crosser et menacer par un ramassis d'endoctrinés barbus dont les ténébreuses gueules de roquets enragés ne semblent devoir s'ouvrir que pour aboyer. Nous n'admettrons pas longtemps que des étrangers (dans tous les sens du terme) nous dictent que penser, que dire, que lire, que regarder, qui prier.
Il y aurait beaucoup à dire encore, notamment sur l'indignation pour le moins contenue des dirigeants politiques français et sur l'inquiétante réserve d'une élite intellectuelle que nous avons connu plus réactive, pour bien moins grave que le cas présent. Tout se passe vraiment comme si, en France du moins, la dhimmitude n'était plus une menace, mais une réalité. Mentionnons toutefois, pour leur soutien sans faille à Robert Redeker, l'UPJF et Primo Europe.
L'intégralité de la tribune de Robert Redeker est disponible sur Primo Europe, ici. À noter sur le même site, à la une actuellement, le remarquable article de Kébir Jbil, Les effets pervers des Lumières.
17:35 Publié dans Frictions | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Redeker, islamistes, figaro





